jeudi 31 mai 2007

Hamaguri

Un livre d'Aki Shimazaki.
Paru en 2000.
Lu en mai 2007.

L'histoire:

Deux petits enfants de Tokyo, Yukio et Yukiko, scellent un pacte de fidélité en inscrivant leurs noms à l'intérieur d'une palourde, comme un serment d'amour éternel. Devenus adolescents, ils se retrouvent à Nagasaki sans se reconnaître ; les sentiments qui les habitent désormais, qui les troublent profondément, leur seraient-ils interdits ? Aux dernières heures de sa vie, la mère de Yukio cherchera à ouvrir les yeux de son fils en lui remettant ce coquillage sorti du tiroir de l'oubli.

Mon avis:
Hamaguri (qui signifie palourdes en japonais) est le second tome de la série Le poids des secrets d'Aki Shimazaki. Cette fois encore, je l'ai lu en quelques heures seulement, en l'espace d'une soirée tranquille.
Yukio est le demi-frère de Yukiko, la narratrice du tome 1. On retrouve avec plaisir les personnages qu'on avait quitté à la fin de cette première histoire. On revit presque les mêmes évenements mais à travers le regard de Yukio. Yukio et Yukiko sont demi-frère, ils ont le même père mais ne le savent pas. Au fur et à mesure des rencontres, d'abord enfant puis adolescent, ils tombent progressivement amoureux l'un de l'autre. Mais un jour, Yukiko se détourne de Yukio sans que ce dernier ne comprenne pourquoi. Yukio reste toute sa vie secrètement amoureux de cette jeune fille énigmatique qui lui avait offert une palourde où leur deux noms étaient inscrit...
Dans ce tome, on apprend ce qu'a vécu Yukio qui est quasiment absent du tome précédent. On le voit évoluer avec sa mère depuis sont plus jeune âge jusqu'à la mort de sa mère alors qu'il a plus de cinquante ans et est marié à une autre femme que celle à laquelle il s'était promis.
J'ai retrouvé avec plaisir la plume de l'auteur, bien que je trouve le style de ce tome un peu différent de Tsubaki, beaucoup plus intimiste. La bombe atomique de Nagasaki et l'histoire de la seconde guerre mondiale ont beaucoup moins de place dans l'histoire, tout tourne ici autour de l'amour de Yukio pour Yukiko, alors que dans le tome précédent, l'adultère du père et les relations familiales de Yukiko étaient beaucoup plus développé.
Encore un tome que j'ai adoré, j'ai hâte de lire le suivant...

Ma note:
9,5/10

A noter:
Les avis de Papillon, d'Hélène, de Nezumi, de Jules, de Bellesahi et de Tamara. Désolé pour ceux que j'ai oublié...

Une tasse de thé ?

Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler de mes petites habitudes de lecture... A vrai dire, j'ai une petite habitude qui me remonte toujours le moral.


Avec un bon livre, quoi de mieux qu'un bon thé ? J'ai un petit rituel que j'aime par-dessus tout... Je m'installe sur mon canapé, en face de ma porte fenêtre qui donne sur toute la ville de Nantes, avec une bonne tasse de bon thé bien chaud... ou variante avec une théière remplie de thé fumant et me plonge dans mon livre...


J'ai toute une série de thés différents et je les goûte alternativement au gré de mes envies... Une série de thé hivernaux pour les trois mois d'hiver et les journées pluvieuses et froides du reste de l'année, une série plus estivale pour les longs mois d'été et une série que je bois au gré de mes envies quasiment tout au long de l'année...

Pour l'hiver:
  • Thé de Noël
  • Loreleï (cannelle, vanille, amande, thé noir)
  • Thé au pain d'épices
Pour l'été:
  • Thé du Hammam (thé vert, datte verte, fleur d'oranger, rose, fruits rouges)
  • Thé des Alizés (thé vert, pétales de fleurs, pêche blanche, pastèque, kiwi)
Pour toute l'année:
  • Gua Pian (thé vert de printemps)
  • Montagne bleue (thé noir, miel, lavande, bleuet, fraise, rhubarbe)
  • Thé des moines (recette ancestrale tibétaine)
  • Thé des Geisha (fleur de cerisier, thé vert)
Et pour le matin, au petit déjeuner:
  • Blue of London (Earl Grey = thé noir et bergamote)
Je suis une grande adepte de thé... D'ailleurs, je vais m'en préparer un...

Sixième sens

Un film de Manoj Night Shyamalan.
Avec Bruce Willis, Haley Joel Osment et Toni Collette.
Sortie en janvier 2000.
Vu au cinéma à sa sortie et plusieurs fois depuis.


L'histoire:
Cole Sear, garconnet de huit ans est hanté par un terrible secret. Son imaginaire est visité par des esprits menacants. Trop jeune pour comprendre le pourquoi de ces apparitions et traumatisé par ces pouvoirs paranormaux, Cole s'enferme dans une peur maladive et ne veut reveler à personne la cause de son enfermement, à l'exception d'un psychologue pour enfants. La recherche d'une explication rationnelle guidera l'enfant et le thérapeute vers une vérité foudroyante et inexplicable.

Mon avis:
Un film que j'ai du revoir plusieurs fois pour me convaincre que l'explication finale était plausible. Dès le départ, on est happé dans l'histoire presque hypnotisé par les événements qui tournent autour de Cole, un petit garçon pas comme les autres. L'atmosphère est pesante et le réalisateur nous manipule à sa guise. Et puis l'explication finale tombe... on a été totalement dupé, on ne comprend plus... On a envie de revoir le film de suite pour vérifier...
J'ai été scotché à mon siège durant tout le film, j'ai adoré... Un film d'un autre genre.

Ma note:
10/10.

mercredi 30 mai 2007

L'inondation

Un roman d'Evgueni Zamiatine.
Paru en 1988.
Lu en mai 2007.




L'histoire:

"La vitre tintait sous le vent, des nuages gris et bas - des nuages de la ville, des nuages de pierre - passaient dans le ciel - comme s'ils étaient de retour, ces nuages étouffants de l'été que pas un orage n'avait transpercés. Sophia sentit que ces nuages n'étaient pas au-dehors, mais en elle, que depuis des mois ils s'amoncelaient comme des pierres, et qu'à présent, pour ne pas être étouffée par eux, il fallait qu'elle brise quelque chose en mille morceaux, ou bien qu'elle parte d'ici en courant, ou encore qu'elle se mette à hurler..."

Mon avis:
On entre de prime abord dans la vie d'un couple, Sophia et Trofim Ivanytch, marié depuis treize ans. Sophia approche la quarantaine et n'a toujours pas réussi à faire un enfant à son mari. Mais ils n'en parlent pas, les non-dits se font pesant dans leur vie de couple. Un jour, le voisin du dessus, un menuisier, meurt du typhus. Il élevait seul sa fille de treize ans, Ganka. Treize ans, Ganka aurait pu être la fille de Sophia... Alors que la Néva déborde, le couple décide enthousiaste d'adopter la jeune fille orpheline. Le courant passe tout de suite très bien entre Ganka et Trofim mais Sophia et Ganka n'arrive pas à communiquer. Les relations entre le couple et leur nouvelle fille se font de plus en plus complexes. Un drame familial terrible se noue sur fond de la Néva grondante et au son du balancier de la pendule qui résonne.
Le style est dense et le récit tout à fait palpitant; je l'ai lu d'une traite, sans lever les yeux une seule fois.
Un pur chef d'oeuvre qui me donne envie de découvrir plus avant l'oeuvre de ce grand écrivain russe exilé volontairement sous Staline...

Ma note:
10/10.

Ma PAL s'allonge

Pour me remonter le moral, après tant d'émotions, quoi de mieux que quelques achats compulsifs...

La montagne de Jade de Xiaomin GIAFFERI-HUANG


L'histoire:
A treize ans, Lin, collégienne à Pékin, doit suivre ses parents envoyés en rééducation à la campagne, dans une jolie région appelée montagne de Jade. Dans le pensionnat où sont rassemblés les enfants, elle découvre les dortoirs, la nourriture frugale, les travaux des champs, la rudesse des conditions d'étude...
Xiaomin Giafferri-Huang raconte ses deux ans d'expérience paysanne en retrouvant merveilleusement le langage des adolescents. Une découverte !

La montagne de Jade, livre lu en juin 2007; ma critique ici.

Dernières nouvelles des oiseaux d'Erik ORSENNA
L'histoire:
Ce soir-là, le président présidait une remise de prix au lycée de H. Dès le cinquième très bon élève, il bâilla. Tandis que se poursuivait l'éprouvante cérémonie, l'idée arriva dans son cerveau et, s'y trouvant bien sans doute, commença de germer. Une idée simple, une idée scandaleuse. D'accord, il faut récompenser les très bons élèves, mais pour quelle raison ceux que je vois ce soir monter un à un sur la scène sont-ils tellement ennuyeux ? [...] Pourquoi ne pas couronner d'autres enfants, des talents cachés, des passionnés qui explorent sans relâche, qui ne supportent que la liberté, que les devoirs qu'ils se donnent eux-mêmes ?

Dernières nouvelles des oiseaux, lu en mai 2007; ma critique ici.

Luz ou le temps sauvage d'Elsa OSORIO
L'histoire:
A vingt ans, à la naissance de son enfant, Luz commence à avoir des doutes sur ses origines, elle suit son intuition dans une recherche qui lui révélera l'histoire de son pays, l'Argentine. En 1975, sa mère, détenue politique, a accouché en prison. La petite fille a été donnée à la famille d'un des responsables de la répression. Personne n'a su d'où venait Luz, à l'exception de Myriam, la compagne d'un des tortionnaires, qui s'est liée d'amitié avec la prisonnière et a juré de protéger l'enfant. Luz mène son enquête depuis sa situation troublante d'enfant que personne n'a jamais recherchée. Un thriller loin des clichés dans lequel l'amour cherche la vérité.

Luz ou le temps sauvage, livre lu en juillet 2007; ma critique ici.

La guerre des Sambre, Tome 1 Hugo et Iris d'Yslaire
L'histoire:
Au-delà du temps, au-delà de la haine des hommes, l'affrontement amoureux de Bernard Sambre et de Julie, comme une braise incandescente, irradie de toute sa beauté ce chef d'oeuvre de la bande dessinée. Yslaire écrit avec les mots fulgurants de la passion et dessine avec un élan flamboyant cet hymne à l'amour impossible. Sambre où l'illustration exacte et parfaite du "romantisme" entre noirceur de l'âme et brûlure des sentiments. Un monument ...



Pump up the volume

Un film de Allan Moyle.
Avec Christian Slater et Samantha Mathis.
Sortie en décembre 1990.
Vu en mai 2007.


L'histoire:

Harry, le disc-jockey subversif d'une radio-pirate, met en emoi tous les étudiants d'un campus. Son cynisme et sa rage trouvent un écho chez les lycéens frustrés d'une petite ville. Harry tient à garder l'anonymat. Nora, jeune étudiante fascinée par la personnalité d'Harry, entreprend de découvrir sa véritable identité. Elle n'est pas la seule, l'école et les forces de l'ordre aimeraient bien faire taire cette voix insolente.

Mon avis:
Mark Swain, jeune étudiant timide et réservé, emmenage avec ses parents dans une petite ville mais il se fait très peu d'amis. Tous les soirs à 22h précise, le lycéen devient le présentateur d'une radio pirate ayant comme pseudo "Happy Harry" ou "Harry la trique". Il fait rapidement fureur dans cette petite ville tranquille grâce à ses pensées très critiques sur son lycée et son époque, ses masturbations simulées en direct ou encore à la lecture des poèmes érotiques envoyés par une jeune fan. Mais un soir, Harry reçoit en direct l'appel d'un jeune homme qui veut se suicider - ce qu'il fera quelques heures après. C'est à ce moment que l'aventure dégénère: son emission est de plus en plus populaire et déclenche bientôt une revolution chez les adolescents qui provoquent une réelle panique chez les parents d'éleves et la direction du lycée.
Il s'agit avant tout d'un teenage movie qui traite des soucis de la jeunesse à la fin des années 1980. Il a été très controversé à sa sortie, pour sa liberté de ton sans doute mais aussi pour les sujets dont il traite et par son appel à la révolution.
Un film qui mérite pourtant d'être vu...

Ma note:
8/10

mardi 29 mai 2007

Matin brun

Une nouvelle de Franck Pavloff.
Paru en 1998.
Lu en mai 2007.

L'histoire:

Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d'un régime politique extrême : l'Etat brun. Dans la vie, ils vont d'une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros, ni des salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux. Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous ?

Mon avis:
Une très courte nouvelle - à peine 11 pages - mais au contenu très intéressant. C'est une nouvelle que je n'aurai peut être pas acheté, mais elle m'a été offerte il y a quelques temps. Je l'ai lu avec plaisir et attention.
A travers une petite histoire presque banale, deux amis qui ne demandent rien à personne, l'auteur nous plonge dans les débuts d'un régime politique extrème. Au premier abord l'histoire paraît plutôt simpliste, les deux amis ont chacun dû se séparer de leur chien et chat (noir et non pas brun comme les nouvelles lois l'obligent), mais on comprend bien vite que cette atteinte à la vie privée et aux libertés n'est pas la seule. Ca commence par des petits riens ou presque, mais tout va de plus en plus loin... jusqu'à ce que la loi devienne rétroactive et touche alors tout le monde. On entre dans un véritable engrenage et il est trop tard pour le narrateur de réagir.
Seul petit bémol, le texte est vraiment très court, le temps de rentrer dans l'histoire, elle est déja finie. Un style proche du langage parlé actuel, mais sans que cela gêne la lecture, l'histoire n'en est que plus réaliste...
Un petit livre très éducatif sur ces petits riens qui peuvent faire beaucoup et qui pousse à la réflexion...

Ma note:
7,5/10.

A noter:
L'auteur ayant renoncé à ses droits, vous pouvez le télécharger sur internet ou l'acheter en librairie pour 1 € seulement.
L'avis de Sylvie de passion des livres et des fanas de livres.

Classement des livres critiqués par ordre d'appréciation

Pour vous faciliter encore un peu la visite du blog, je vous propose une classification des titres critiqués par ordre d'appréciation:

Noté 5 étoiles - Coup de coeur:

Noté 4 étoiles - J'adore:
Noté 3 étoiles - J'aime bien:
Noté 2 étoiles - Sympathique mais sans plus:
Noté 1 étoiles - Déception:

Le cercle des poètes disparus

Lancé il y a quelques jours par Jos, cette idée me plaît beaucoup. Alors, je rejoins le cercle et je vous fait part du poème qui m'a le plus marqué et que j'apprécie le plus:

La Loreleï

Mon Coeur, pourquoi ces noirs présages?
Je suis triste à mourir.

Une histoire des anciens âges

Hante mon Souvenir.


Déjà l'air fraîchit, le soir tombe,

Sur le Rhin, flot grondant;

Seul, un haut rocher qui surplombe

Brille aux feux du couchant.


Là-haut, des nymphes la plus belle,

Assise, rêve encore;

Sa main, où la bague étincelle,

Peigne ses cheveux d'or.


Le peigne est magique. Elle chante,

Timbre étrange et vainqueur,
Tremblez fuyez! la voix touchante

Ensorcelle le coeur.


Dans sa barque, l'homme qui passe,
Pris d'un soudain transport,

Sans le voir, les yeux dans l´espace,

Vient sur l'écueil de mort.


L'écueil brise, le gouffre enserre,
La nacelle est noyée,

Et voila le mal que peut faire

Loreley sur son rocher.


Heinrich Heine, 1823


Je préfère de loin la version allemande mais pour des raisons pratiques, je vous donne la version française - je suppose qu'une grande partie d'entre vous serait perdue devant le texte en allemand ;-) - traduite par Heine lui-même. C'est ce fameux poème qui va établir la légende de la Loreleï et la plus célèbre des poésies inspirées par le Rhin.
La Loreleï, qui sévirait au pied d'une falaise en amont de St Goarshausen sur la rive droite du Rhin, serait une jolie sirène aux longs cheveux d'or qui envoûterait les bateliers avec sa douce mélodie et causerait leur perte.
Le rocher légendaire de la Loreleï, qui domine le fleuve de ses 132m, est devenu le symbole du Rhin romantique et occupe une place de choix dans la littérature allemande.

Prête-moi ta main


Un film Eric Lartigau.
Avec Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg.
Sortie en novembre 2006.
Vu en mai 2007.


L'histoire:

La vie est facile pour Luis, 43 ans, célibataire heureux, épanoui dans son métier, aimé, choyé, couvé par sa mère et ses cinq soeurs. Cela aurait pu durer toute une vie, mais voilà...
Lassées de le materner, celles-ci décident qu'il est temps pour lui de se marier. Le plus vite possible ! Cerné par sa famille qui ne pense plus qu'à ça, il élabore un plan : trouver la femme parfaite qui va se faire passer pour sa fiancée et qui va lâchement l'abandonner le jour du mariage. Après ça, plus personne n'osera même prononcer le mot mariage devant lui. Mais comment trouver cette perle rare ? Luis ne voit qu'une solution : la louer !
Et justement, Emma, la soeur de son meilleur ami et collègue, vient d'arriver à Paris et cherche du travail. Ça y est, le plan est en route. Au bout, la liberté pour Luis. Les plans, c'est bien sur le papier. Mais dans la vie, ça peut s'emballer...

Mon avis:
Un scénario de comédie romantique à l'américaine avec l'humour français et de très bons acteurs. Si on pense un peu plus loin que le bout de son nez, l'histoire est plutôt glauque: un homme qui n'est pas capable de faire face à sa famille (dominée par quelques femmes) décide de louer les services d'une amie pour la faire passer pour sa copine avant qu'elle ne s'enfuit le jour du mariage et lui brise (fictivement) le coeur empêchant ainis sa famille de le harceler continuellement pour qu'il se marie. Le plan parait parfaitement huilé et devrait fonctionner à merveille mais c'est sans compter les petits incidents de la vie... Le plan va devoir être reconduit et tout d'éternise.
D'abord, femme parfaite, Charlotte Gainsbourg fait craquer toute la famille d'Alain Chabat. Puis comme rien ne fonctionne comme prévu, que tout est toujours la faute de ce frère ou ce fils inconscient qu'est Alain Chabat, elle devient une vraie garce. Et c'est à ce moment que ça devient vraiment drôle...
Le film mêle vraiment bien comédie romantique et humour. On rit, on sourit, c'est frais et c'est vraiment très bien!

Ma note:
7,5/10.

lundi 28 mai 2007

Ménage à quatre

Un livre de Manuel Vasquez Montalban.
Paru en 1990.
Lu en mai 2007.

L'histoire:

Le corps de la belle Carlota est retrouvé flottant dans un étang. L'autopsie révèle qu'elle était enceinte, à l'insu de son mari. Le quatuor de bourgeois blasés formé par les couples Carlota-Luis et Pepa-Modolell se brise d'un seul coup. Modolell, puis Luis, sont accusés du crime. Et si c'était plutôt l'amant mystérieux qui avait fait le coup? Une brève histoire cruelle d'un grand maître de la satire sociale et du suspense policier.

Mon avis:
Un livre très court - quatre-vingt dix page à peine - mais une ambiance vraiment particulière. A l'ouverture du livre, on est en présence du narrateur, monsieur Ventos, et de l'inspecteur Davila. On comprend, dès les premières lignes que les deux personnages se connaissent et qu'ils sont réunis suite à une sombre histoire de meurtre.
Au coeur du problème, un groupe de quatre jeunes amoureux : Pepa et Modolell, Carlota et Luis. Le groupe a rencontré le narrateur lors d'un voyage en Egypte quelques années auparanvant et des liens se sont vite tissés entre eux. Le narrateur, de dix ans leur aîné, est en quelque sorte la cinquième roue du carosse. On découvre donc ce quatuor - les deux couples dominé par la personnalité de Carlota - puis un autre quatuor - une fois Carlota morte, il ne reste que Pepa, Modolell, Luis et le narrateur. On apprend à travers des retours en arrière, les liaisons adultérines entre plusieurs personnages.
Un roman policier, un roman noir mais où l'enquête n'est pas au centre du roman. C'est les liaisons entre les différents personnages qui sont mis en avant. On est plongé dans la complexité psychologique de ce groupe d'amis qui se déchirent autour du meurtre d'une des leurs. Au fur et à mesure des retours en arrière, on découvre que ce groupe symbole de liberté au début du roman n'était en fait qu'un carcan oppressant pour chacun de ses membres. Personne n'en sort indemne...
On n'a pas affaire à un simple roman policier, le style est recherché mais sans aucune lourdeur, on est face à une analyse très poussé des personnages où l'enquête est placé en retrait et n'aboutit même pas en quelque sorte...
Un roman policier pas comme les autres dont le style m'a particulièrement séduit...

Ma note:
9/10.

A noter:
L'avis d'Eric Nicollier.
Je vous livre aussi l'oeuvre qui est au coeur de ce court roman: Ophélie de John Everett Millais que le narrateur apprécie particulièrement et à laquelle il compare Carlota.


Je reviens parmis vous

C'est décidé, je reviens parmis vous. Finalement, je vais avoir plus de temps que prévu pour lire ses prochains temps alors je vais en profiter.

J'ai surmonté ma panne de lecture grâce à des petits livres de moins d'une centaine de pages. Mais je mets de côté pour quelques temps Le pendule de Foucault d'Umberto Eco qui me semble un peu trop compliqué à lire dans le contexte actuel. Mais j'y reviendrai bientôt...

Encore merci à vous tous...

Un grand merci à vous tous

Je voulais vous remercier tous pour votre soutien dans ces moments difficiles. Vous m'avez tous redonné du courage et de l'espoir. Ce n'est pas toujours évident lorsqu'une telle nouvelle tombe sans qu'on s'y attende vraiment, même si on avait essayé de s'y préparer. Alors je vous dis à tous mille mercis...

Alors, c'est décidé, c'est reparti, je vais courir vers une nouvelle aventure...


Merci encore à tous!

vendredi 25 mai 2007

Petite pause

Pour cause de mauvaise nouvelle (pour ceux qui veulent en savoir plus, c'est ici) et de panne de lecture en surcroît, je décide de faire une petite pause sur ce blog. Je ne sais pas combien de temps elle va durer, elle sera peut être très courte ou peut être un peu plus longue...

J'ai besoin d'un peu de temps pour moi, pour réfléchir... et puis je vous reviendrai en pleine forme, j'espère, dans quelques jours...

A bientôt

Orchidés au jardin des papillons (Hunawihr)

mercredi 23 mai 2007

Monstres et Cie

Un dessin animé de Peter Docter.
Avec les voix de Billy Crystal, John Goodman, James Coburn.
Sortie en mars 2002.
Vu de nombreuses fois depuis sa sortie.

L'histoire:

Monstropolis est une petite ville peuplée de monstres dont la principale source d'énergie provient des cris des enfants. Monstres & Cie est la plus grande usine de traitement de cris de la ville. Grâce au nombre impressionnant de portes de placards dont dispose l'usine, une équipe de monstres d'élite pénètre dans le monde des humains pour terrifier durant la nuit les enfants et récolter leurs hurlements.
Le Terreur d'élite le plus réputé de Monstres & Cie s'appelle Jacques Sullivent, alias Sulli. C'est un monstre cornu de 2m40 de haut à la fourrure bleu-vert tachetée de violet. Une nuit, alors qu'il se trouve à l'"Etage de la Terreur", il s'aperçoit qu'une porte de placard n'a pas été fermée correctement. Pour vérifier que tout est en place, il l'ouvre, permettant sans le vouloir à Bouh, une petite fille, de pénétrer dans son monde.

Mon avis:
Un dessin animé tout à fait original qui joue sur la peur des enfants: les monstres. Mais les monstres ne sont pas tous foncièrement méchants, et surtout pas Sulli. J'avoue avoir été quelques peu réticente avant d'avoir vu le film m'attendant à un vrai dessin animé pour nfant. Mais adultes comme enfant peuvent entrer très facilement dans ce monde de la grande entreprise de monstres. On rit aux clin d'oeil de la vie de tous les jours dans une entreprise, on rit des pitreries involontaire de Gloubinours,... Le scénario est vraiment en béton. Pixar se surpasse de film en film...
A voir en famille

Ma note:
9/10.

mardi 22 mai 2007

Ballade à la lune

C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune,
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d'un fil,
Dans l'ombre,
Ta face et ton profil?

Es-tu l'oeil du ciel borne?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard?

N'es-tu rien qu'une boule?
Qu'un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans patte et sans bras?

Es-tu, je t'en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L'heure aux damnés d'enfer?

Sur ton front qui voyage,
Ce soir ont-ils compté
Quel âge
A leur éternité?

Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
S'allonge
En croissant rétréci?

Qui t'avait éborgnée,
L'autre nuit? T'étais-tu
Cognée
A quelque arbre pointu?

Car tu vins, pâle et morne,
Coller sur mes carreaux
Ta corne,
A travers les barreaux.


Contes d'Espagne et d'Italie
Alfred de Musset.

La prophétie des Andes

Un roman de James Redfield.
Paru en 1999.
Lu en 2002.

L'histoire:

À l'origine, un manuscrit fabuleux rédigé six cents ans avant J.-C. et une prophétie : notre société va subir un grand bouleversement. Intrigué, le héros de cette histoire s'envole pour le Pérou à la recherche du mystérieux grimoire, objet de toutes les convoitises, qui va transformer sa vie. Commence alors une aventure magique et enchanteresse, une dangereuse initiation: une quête en neuf étapes qui le mène du sommet des Andes au cœur de la forêt amazonienne sur la voie des révélations de la vie. Quand, au terme de son périple, le héros découvre le vrai sens de son existence, c'est notre propre quête qui débute. Pour James Redfield, si nous restons attentifs et savons percevoir le grand mystère de l'existence, nous nous apercevrons que nous avons été judicieusement placés, à l'endroit adéquat... pour changer quelque chose en ce monde.

Mon avis:
Un best seller controversé s'il en est... Je ne parlerai donc pas de la portée spirituelle de ce livre ni de la question de la "véracité" de l'histoire. Je me souviens juste de l'histoire que j'avais beaucoup aimé. Dans sa manière d'écrire, de mettre en place les éléments de l'histoire, dans la manière qu'il a de la traité, l'auteur m'a beaucoup rappelé Paulo Coehlo que j'apprécie tout particulièrement et que je lisais souvent à l'époque où j'ai lu ce livre. J'ai aimé la manière de l'auteur d'expliquer comment en prenant garde à ce qui se passe autour de nous, aux coïncidences, on peut trouver les bonnes réponses à nos questions. J'ai également aimé le côté roman d'aventure et roman initiatique ainsi que les descriptions des paysages qui m'ont fait rêver...
Un roman initiatique que j'ai apprécié pour ce qu'il est ... une fiction.

Ma note:
7,5/10.

A noter:
Un site en français consacré au livre: ici.

La véritable histoire du petit chaperon rouge

Un dessin animé de Cory Edwards.
Avec les voix originales de Glenn Close et Anne Hathaway.
Sortie en janvier 2006.
Vu en décembre 2006.

L'histoire:

Le Chaperon rouge est pur comme la violette des bois, candide comme l'oisillon dans le nid. C'est pour ça qu'elle s'est lancée à travers la forêt immense, pour porter des gâteaux à sa grand-mère malade, qu'elle a taillé une bavette avec un loup d'origine incontrôlée et que les oreilles de variété animale jaillissant du chignon de sa vieille aïeule ne lui inspirent qu'une curiosité polie. Et là, c'est le drame. Le loup surgit du lit en charentaises, un bûcheron armé d'une hache s'effondre dans la chambre en traversant la fenêtre, la mère-grand toute ensaucissonnée dégringole d'un placard...

Mon avis:
J'avoue, je n'étais que très peu tenter de voir ce dessin animé, bien qu'ayant adoré les Shrek (là aussi j'étais récalcitrante au départ). Et c'est un dessin animé foldingue. On débute sur l'histoire du gentil petit chaperon rouge un peu moins candide que traditionnellement et puis d'un coup on bascule dans un polar, où l'intrigue est mené par des flash back plus ou moins convaincants, et dans un monde de parodies de films et de dessins animés en tout genre (notez entre autre la grand-mère qui à trois G tatoués dans le cou). On rit beaucoup, on se demande où tout celà va nous mener... mais la magie opère et on veut toujours en savoir plus. Dans la veine de Shrek qui a lancé cette mode du conte version "trash".
Un dessin animé à voir en famille, les enfants adoreront l'univers et les parents riront des parodies...

Ma note:
8/10.

A noter:
Le site du film.

lundi 21 mai 2007

Des nouvelles du swap littéraire

Ca y'est... Cet après midi, j'ai enfin constitué mon colis à envoyer à MA personne à gâter et je me suis beaucoup amusée.


J'ai passé plus d'une heure dans des papeteries et des librairies de Nantes à me promener dans les rayons à la recherche de ce que je cherchais... et - ô miracle - j'ai trouvé tout ce que j'avais en tête... Il faut dire que ça faisait au moins une semaine que je réfléchissais à ce petit colis...

Alors voilà, je suis bien contente de l'avoir enfin terminé. Il sera envoyé vendredi...

  • Vendredi 18 mai:
Le colis vient d'être déposé à la poste. Il partira encore ce soir. D'ici lundi, La personne que j'ai eu l'honneur de gâter va trouver son colis du swap littéraire dans sa boite aux lettres... J'ai hâte de savoir si j'ai bien choisi...

  • Lundi 21 mai:
Le colis est arrivé aujourd'hui à destination, Etoiles des neiges (eh oui, vous découvrez enfin le nom de ma swappeuse) vient de me le confirmer. Et le colis lui a beaucoup plu apparement! Qu'est-ce que je suis contente!!!

dimanche 20 mai 2007

A l'enseigne de Gersaint

Une autre époque encore, celle du XVIIIème siècle qui débute avec un autre grand peintre: Antoine Watteau.

Je vous propose donc de découvrir une de ces principales oeuvres, l'enseigne de Gersaint.

L'enseigne de Gersaint d'Antoine Watteau (1720)

Cette toile de grande dimension a été peinte par l'artiste en quelques jours juste avant sa mort. Cette toile devait servir de panneau publiciataire à un de ses amis marchand de tableaux dont la galerie était situé sur le pont Notre Dame à Paris. Traitant ici d'une scène quotidienne, l'intérieur d'une boutique, Watteau fait dans l'originalité pour l'époque...

samedi 19 mai 2007

Indochine

Un groupe mythique pour moi: Indochine. J'ai toujours adoré, je ne m'en suis jamais lassée et j'aime toujours autant leur période année 80.

J'aime beaucoup moins le tournant qu'à pris leur musique depuis la fin des années 90. J'aimais l'univers asiatique et celui de Bob Morane dont sont tiré la grande majorité de leur chanson. Dès que j'entend ces chansons, je pars dans un monde à la Bob Morane (dont j'ai d'ailleurs lu quelques aventures après avoir découvert le groupe - qui accessoirement est plus vieux que moi!) et je n'ai qu'une envie chanter et danser...

Un très bel album pour les (re)découvrir: Unita - le best of.


  1. Kissing my song
  2. L'aventurier
  3. Les tzars
  4. 3 nuits par semaine
  5. Des fleurs pour Salinger
  6. La chevauchée des champs de blé
  7. Kao bang
  8. Un jour dans notre vie
  9. Un grand carnaval
  10. Le baiser
  11. Tes yeux noirs
  12. La machine à rattraper le temps
  13. Canary Bay
  14. Punishment Park
  15. Savoure le rouge
  16. 3ème sexe (Live)
  17. Dizzidence Politik
  18. La Buddha affaire
Je vous fais partager Bob Morane pour que vous puissiez tous danser dans vos chaumière!


Et une petite deuxième parce que c'est trop bon!: Canary Bay:

Une petite question...

Bouquin veut savoir ce que c'est pour vous une Bonne bibliothèque...

Si vous avez quelques minutes à lui consacrer, c'est par ici.

Eva prima pandora

Changement total d'époque avec ce nouveau tableau. Cette fois on part au XVIème siècle, en pleine renaissance française. Il s'agit d'un artiste de l'école française de Fontainebleau: Jean Cousin.

Eva prima pandora de Jean Cousin (vers 1550)

Ici, Ève, qui a fait croquer le fruit défendu à Adam, est assimilée à Pandore qui a dispersé le mal sur la Terre en ouvrant le vase d'Épithémée. Renouveau de la pensée de l'Antiquité...

vendredi 18 mai 2007

Mes coups de coeur littéraire

Les inoubliables:

  1. Kazuo Ishiguro: Auprès de moi toujours
  2. Sonia Marmen: La fille du pasteur Cullen
  3. Yôko Ogawa: Hôtel Iris
  4. Elsa Osorio: Luz ou le temps sauvage
  5. Diane Setterfield: Le treizième conte
  6. Karin Slaughter: Triptyque
  7. Jean Teulé: Le Montespan
Mes coups de coeur - noté 5 étoiles:
  1. Charlotte Brontë: Jane Eyre
  2. Geraldine Brooks: 1666
  3. John Dickson Carr: La chambre ardente
  4. Tracy Chevalier: La jeune fille à la perle
  5. Yasmine Ghata: La nuit des calligraphes
  6. Laura Kasischke: A moi pour toujours
  7. Stephenie Meyer: Fascination T.1 de la Saga du désir interdit (jeunesse)
  8. Edmond Rostand: Cyrano de Bergerac
  9. Luis Sepulveda: Le vieux qui lisait des romans d'amour
  10. Kitty Sewell: Fleur de glace
  11. Aki Shimazaki: Tsubaki T.1 du Poids des secrets.
  12. Dai Sijie: Balzac et la petite tailleuse chinoise
  13. Kate Summerscale: L'affaire Road Hill House
  14. Frank Tallis: La justice de l'inconscient T.1 des Carnets de Liebermann.
  15. Frank Tallis: Du sang sur Vienne T.2 des Carnets de Liebermann.
  16. Fan Wu: Une si jolie robe
  17. Yslaire: La série des Sambre (BD)
  18. Evgueni Zamiatine: L'inondation
Mais j'adore aussi et recommande - même si je ne leur ai pas mis 5 étoiles:
  1. Alessandro Barricco: Soie
  2. Bi Feiyu: De la barbe à papa un jour de pluie
  3. Fabrice Bourland: Le fantôme de Baker Street
  4. Jacques Chessex: Le vampire de Ropraz
  5. Tracy Chevalier: La dame à la licorne
  6. Maxence Fermine: Neige
  7. Xiaomin Giuferri-Huang: La montagne de Jade
  8. Anna Godbersen: Rebelles
  9. Marlen Haushofer: Nous avons tué Stella
  10. Rudolf Hoess: Le commandant d'Auschwitz parle
  11. Stephenie Meyer: Tentation
  12. Chris Mooney: Disparues T.1 des aventures de Darby McCormack
  13. Wlodzimierz Odojewski: Une saison à Venise
  14. Yôko Ogawa: Parfum de glace
  15. Erik Orsenna: Dernières nouvelles des oiseaux
  16. Erik Orsenna: La grammaire est une chanson douce
  17. Julie Otsuka: Quand l'empereur était un dieu
  18. Arto Paasilinna: Le lièvre de Vatanen
  19. Anne Perry: Le crime de Paragon Walk
  20. Anne Perry: Rutland Place
  21. Edogawa Ranpo: La chambre rouge
  22. Sa Shan: Les quatre vies du saule
  23. Aki Shimazaki: Hamaguri T.2 du Poids des secrets
  24. Aki Shimazaki: Tsubame T.3 du Poids des secrets
  25. Eric-Emmanuel Schmitt: Oscar et la dame rose
  26. Jean Teulé: Le magasin des suicides
  27. Manuel Vasquez Montalban: Ménage à quatre
  28. Jennifer Weiner: Crime et couches-culottes
  29. Emile Zola: Germinal
Première publication: 8 avril 2007
Dernière mise à jour: 9 octobre 2008

jeudi 17 mai 2007

Quand l'empereur était un dieu

Un roman de Julie Otsuka.
Paru en 2004.
Lu en mai 2007.

L'histoire:

Le sujet déjà ne laisse pas de surprendre (oublieux ou mal informés que nous sommes) : les camps de concentration aménagés - en toute discrétion - pendant la seconde guerre mondiale sur le territoire américain… à l'usage des citoyens d'origine japonaise.
Julie Otsuka a choisi la fiction, mais avoue volontiers que l'histoire qu'elle raconte évoque de très près celle de ses grands-parents, paisibles Californiens qui n'avaient aucune raison de cacher leur ascendance japonaise, arrêtés et déportés par le F.B.I. en décembre 1941, au lendemain de l'attaque de Pearl Harbour, et qui furent maintenus derrière les barbelés, dans des conditions inimaginables, jusqu'à l'été de 1945. Rien que pour ce qu'il raconte, et que l'on sait si peu, le livre de Julie Otsuka vaudrait d'être lu. Mais le miracle est ailleurs. Le miracle, c'est qu'il nous rend témoins de cette histoire en usant de mots qu'on n'attend pas, dans un style si nu, glacé presque, si violemment débarrassé de toute émotion, de toute protestation, que le peu qu'il livre est insoutenable. Insoutenable de sérénité, on voudrait dire de poésie si le mot n'avait l'air ici à ce point incongru.

Mon avis:
Je suis encore sous le choc de ce roman. J'ai du mal à savoir ce que j'en pense vraiment parcequ'il m'a plu et dérangé à la fois. L'histoire est divisée en quatre chapitres: "Ordre d'évacuation n°19" qui retrace la perception de l'ordre d'évacuation des japonais par cette petite famille: une mère, un père déja déporté depuis quelques semaines, une fille et un jeune garçon, puis "le convoi" qui nous emmène dans le train qui roule vers un camp dans le désert de l'Utah, suivit de "quand l'empereur était un dieu" qui décrit leur vie dans ce camp et qui est de loin le chapitre le plus épais, puis "dans le jardin d'un inconnu" qui ramène la petite famille dans sa maison qu'elle a quitté depuis plus de quatre ans et enfin "aveux" le plus court des chapitres.
Ce qui m'a particulièrement plu, c'est l'histoire, la volonté de parler des camps de concentration en Amérique car oui, là bas aussi ils ont existés, la volonté d'éclairer les gens sur cette phase noire de l'histoire mondiale du côté américain. J'ai également apprécié le personnage du petit garçon qui semble le plus lucide de l'histoire, celui qui se pose le plus de question, celui qui doute, qui se sent coupable... mais aussi l'humanité des personnages qui malgré l'absence de sentiment craquent et deviennent quasiment fous les uns après les autres (la mère puis la fille). J'ai aimé la fin du roman, le retour à la maison tant attendu qui ne ressemble en rien à leurs rêves, le retour du père qui se fait tant attendre...
Ce qui m'a le plus dérangé - le quatrième de couverture m'avait prévenu mais je ne pensais pas que ce soit aussi perceptible - c'est l'écriture dénuée de tout sentiment de ce roman. On a l'impression que les personnages ne ressentent rien, qu'ils subissent en attendant, qu'ils ne souffrent pas des horreurs, qu'ils subissent et qu'ils vivent au jour le jour jusqu'au moment où ils deviennent presque fous... et j'ai trouvé cela limite insoutenable. Sans compter la poésie qui s'introduit dans certains passages qui devraient être horrible face aux évenements qu'ils retracent. Cette famille a tout perdu, elle n'a plus rien, l'auteur a même pris le parti de ne pas leur donner de noms pour renforcer cet aspect.
Le dernier chapitre retraçant les impressions du père, à la limite du violent - je trouve que les femmes sont représentées de manière beaucoup plus posées que les hommes même si elles semblent prêtes à craquer au moindre souffle - a ramené ces sentiments si absent du reste du livre. Mais là encore, c'est la poésie qui prime, il s'agit d'une simple énumération à la "presque Prévert"... Et pourtant cela suffit a me donner un peu de cette violence des sentiments que j'attendais.
Un livre extrèmement dur par son impassibilité face aux évenements qui s'y déroulent mais qui demeure un réel chef d'oeuvre...

Ma note:
9/10.

A noter:
Une interview très intéressante de Julie Otsuka sur Japonline.com lors de la sortie de ce premier roman en France.
L'avis de Tokyo.

Lettre de Guy Moquet à sa famille

"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré
mon petit papa aimé"

"Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.

17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !

Votre Guy qui vous aime

Guy

Dernières pensées : "Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

Cette lettre date du 22 octobre 1941, ce jeune résistant a été tué le lendemain à Châteaubriant. Elle sera désormais lu à tous les lycéens lors de leur entrée au lycée...

Mika

Je ne m'emballe que très rarement pour des petits nouveaux arrivés sur les ondes. Mais ces derniers temps j'ai craqué sur Mika.

Une voix à la Freddy Mercury sur de la musique pop qui déménage, on passe dans une autre dimension. Comment rivaliser avec un style pareil? C'est simple, c'est génial. J'adore...

Son album nous emmène faire une ballade dans un monde nouveau...

  1. Grace Kelly
  2. Lollipop
  3. My interpretation
  4. Love today
  5. Relax, Take it easy
  6. Any other world
  7. Billy Brown
  8. Big Girl (You are beautifull)
  9. Stuck in the middle
  10. Happy ending
Pour vous mettre l'eau à la bouche...

Le clip de Grace Kelly, ma préférée:


Et Lollipop:


Si vous ne connaissez pas encore, lancez vous!

mardi 15 mai 2007

Biblio Lys: concours du meilleur commentaire

Jusqu'à aujourd'hui, à ma connaissance je n'ai pas encore lu d'auteur québéquois. Carole et Mîreldar ont unis leurs efforts pour monter un nouveau concours: Biblio Lys dont le but est de faire découvrir au monde entier (soyons fou) les auteurs québéquois...


Je vous recopie le concept:
  1. Du 7 mai au 2 juin, nous invitons les lecteurs à suggérer des titres (limite de 2 suggestions par participant) de romans québécois.

  2. Du 3 juin au 23 juin, les lecteurs pourront décider quels titres dans ceux suggérés seront élus dans le top 5 de lecture.

  3. Du 24 juin au 22 septembre, les lecteurs auront tout l’été pour lire et écrire leurs commentaires de lecture sur chacun des cinq romans sélectionnés.

  4. Du 23 septembre au 29 septembre, les participants voteront pour leur commentateur préféré (celui qui vous aura donné le goût de lire un ou plusieurs romans).

  5. Le 29 septembre, les résultats seront dévoilés et les prix remis.

Pour être éligibles, au prix du commentateur, les participants devront avoir commenté les cinq romans sélectionnés (commentaires de 10 lignes et plus). Un deuxième prix sera tiré au sort parmi tous ceux qui auront participés. Ce concours est ouvert à tous, quel que soit votre âge ou votre pays d’origine. Le commentateur gagnant se méritera 5 romans et le prix de participation 1 roman.

Si vous êtes intéressés et que vous avez des auteurs québéquois plein la tête, n'hésitez pas à laisser vos idées ici.

J'essaierai de participer afin de découvrir les quelques auteurs québéquois sélectionnés...

John Tucker doit mourir

Un film de Betty Thomas.
Avec Sophia Bush, Jesse Metcalfe, Brittany Snow et Ashanti.
Sortie en novembre 2006.
Vu en mai 2007.

L'histoire:

Heather, Beth et Carrie sont les reines du lycée. Lorsque les trois beautés se rendent compte que John Tucker, le séduisant capitaine de l'équipe de basket, sort avec chacune d'elles dans le dos des autres, c'est la guerre. Résolues à détruire le tombeur, elles essaient d'abord de le rendre impopulaire, mais toutes leurs tentatives ne produisent que l'effet inverse. Au comble de la rage, elles décident de ne plus s'en prendre à sa réputation, mais à son coeur...
Le plan est simple : il leur faut un appât. Ce sera Kate, la nouvelle, qui pour se faire enfin des amies va accepter de tremper dans le sinistre complot. Comme prévu, John Tucker tombe sous le charme d'une Kate téléguidée ; comme prévu, Kate résiste. Les trois furies savourent leur victoire annoncée, mais leur machination va légèrement déraper...

Mon avis:
Un teen movie tout ce qu'il y a de plus classique. Mais le scénario est sympathique: trois jeunes filles populaires et une jeune fille pas très branché, Kate, décide de se venger de John Tucker, le tombeur du lycée qui sort toujours avec plusieurs filles à la fois. Les filles organisent des scénarios tous plus horribles les uns que les autres pour l'humilier sans résultat. Finalement, c'est à son propre jeu qu'elles vont le prendre: une fois fou amoureux de la dernière d'entre elles a ne pas encore avoir succombé (Kate), elles lui briseront le coeur... Mais l'histoire se termine bien, on ne reste pas dans l'immoralité, chacun retrouve sa place.
D'habitude très peu fan des teen movies, j'avoue que celui-ci était plutôt sympathique...

Ma note:
6,5/10

Les quatre vies du saule

Un roman de Shan Sa.
Publié en 1999.
Lu en mai 2007.

L'histoire:

En Chine, le saule pleureur symbolise la mort et la renaissance. Faut-il croire qu'une branche de saule puisse devenir une femme condamnée à poursuivre l'amour de siècle en siècle ? D'un Pékin bruissant dans les songes et la poussière aux silences de la Cité interdite, de l'ère des courtisanes vêtues de soie à la Révolution culturelle, des steppes où galopent les Tartares aux rizières qu'arrose le sang des gardes rouges, deux êtres se cherchent et se perdent. Tout les sépare. Toutes les tragédies d'un peuple ancien. Dans ce tumulte, il faudrait un miracle pour les réunir... Roman d'amour ? Oui. Mais ce roman lyrique est aussi une traversée de la Chine éternelle. C'est une fable qui a parfois le goût du thé amer.

Mon avis :
Une ode a l’amour ou plutôt aux amours contrariées. On traverse quatre époques de la Chine rencontrant à chaque fois des personnages différents, mais que leurs amours meurtries rapprochent.
La première histoire se passe en l’an 1430. Shan Sa nous raconte l’histoire d’un jeune garçon Chong Yang qui n’a que six ans au départ et que l’on voit évoluer au fil des pages. Chong Yang plante deux saules côte à côte dans le jardin de la maison de ses parents. Mais son père est bientôt ruiné et les parents meurent brusquement. Chong Yang garde espoir, il veut devenir mandarin. Pour cela, il lui faut étudier et passer de nombreux concours. Un jour, il rencontre Quing Yi, un adolescent richement vêtu et cultivé qui est natif du même village que lui. Après avoir sympathisé Quing Yi lui offre sa sœur en mariage. Le mariage n’aura pas lieu, mais progressivement l’amour s’installe entre les deux jeunes gens. Lu Yi est une jeune femme totalement dévouée à son amour. La situation se complique lorsque Chong Yang est reçu pour ses concours et doit prendre femme…
La seconde histoire retracent les amours meurtries de deux jeunes frère et sœur au XVème siècle. On les suit de leur naissance (ils sont jumeaux) à la mort du frère. C’est la jeune fille qui nous raconte leur histoire tragique. Dans ce pays qu’est la Chine, seul les garçons comptent à la naissance et elle en souffre beaucoup. Mais grâce à ses nombreux dons, elle séduit son père qui se met alors a détester son fils, un vrai bon à rien et à regretter que sa fille ne soit pas née homme. Malgré les brimades, les coups, le désespoir parfois, les deux jeunes gens conservent un réel attachement l’un envers l’autre. Jusqu’au jour tragique où le garçon provoque sans le vouloir la mort de son père…
La troisième histoire se situe en 1962 en pleine Révolution culturelle. Wen est un jeune homme plein d’espoir en la Révolution. Il quitte ses parents contre leur volonté et s’engage dans la lutte. Il rencontre par hasard une jeune fille Saule dont la voix douce le fait rêver. Il en tombe plus ou moins amoureux mais leur relation reste celle de deux frère et sœur. Jusqu’au jour où une délégation arrive au village des gardes rouges et cherche un contre-révolutionnaire…
La dernière histoire est de loin la plus courte. Elle conte l’histoire d’Ajing, une jeune cadre dynamique courtisée par de nombreux hommes. Le temps d’un voyage en avion vers Hong Kong et peut être d’un rêve une nouvelle vie se dessine pour elle… Sans doute le plus poétique des quatre récits.
Ce livre est plein de poésie, de tendresse, d’amour mais aussi de cruauté et de tristesse. On y apprend beaucoup sur l’Histoire de la Chine à travers les âges, sur les us et coutumes des Chinois, sur leur manière de penser, leur manière de voir les choses. J’ai trouvé ce livre très enrichissant. La troisième histoire m’a un peu fait penser à « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Dai Sijie. La dernière histoire est de loin la plus poétique. Mais la seconde m’a beaucoup touchée aussi…
Un très beau roman à lire tout doucement, à savourer…

Ma note :
9/10.

vendredi 11 mai 2007

Milarepa

Un livre d'Eric-Emmanuel Schmitt.
Paru en 1997.
Lu en mai 2007.

L'histoire:

Simon fait chaque nuit le même rêve dont une femme énigmatique lui livre la clef : il est la réincarnation de l'oncle de Milarepa, le célèbre ermite tibétain du XIe siècle, qui vouait à son neveu une haine inexpiable. Pour sortir du cycle des renaissances, Simon doit raconter l'histoire des deux hommes, s'identifiant à eux au point de mêler leur identité à la sienne. Mais où commence le rêve, où finit le réel ? Eric-Emmanuel Schmitt, dans cette pièce monologue qui est aussi un conte dans l'esprit du bouddhisme tibétain, poursuit son questionnement philosophique: la réalité existe-t-elle en dehors de la perception qu'on en a ?

Mon avis:
Après avoir relu Oscar et la dame rose, j'ai été toute enthousiasmée par Eric-Emmanuel Schmitt et je me suis directement lancée dans Milarepa. Changement radical d'univers avec ce petit conte philosophique.
Tout commence par un rêve, un rêve qui se répète. Et puis il y a une dame vaguement floue que Simon rencontre dans un café et qui l'appelle Svastika. Simon se plonge alors dans une sorte de vie antérieure qui est en fait une vie parallèle comme dans un rêve... On y rencontre Svastika (qui n'est autre que Simon) et son ennemi juré Milarepa. Puis tout devient flou, le narrateur commence à s'identifier à Milarepa. On se demande très souvent qui est ce "je": Simon? Milarepa? ou Svastika? Le narrateur doit raconter son histoire et celle de Milarepa une dernière fois (mais est-ce bien la dernière?) afin de rompre une sorte d'envoûtement qui l'empêche de reposer en paix et le force à se réincarner encore et toujours. Inspiration boudhiste donc...
Je n'ai pas vraiment réussi à comprendre cette haine que voue Svastika à Milarepa son neuveu... Pour moi, tout reste trop flou ... comme dans un rêve. Les contes philosophiques c'est peut être pas pour moi... mais je n'abandonne en aucun cas l'auteur dont j'ai très envie de lire les pièces de théâtre!

Ma note:
4/10

jeudi 10 mai 2007

Oscar et la dame rose


Un livre d'Eric-Emmanuel Schmitt.
Paru en 2002.
Lu une première fois il y a quelques années et relu en mai 2007.

L'histoire:
Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans. Elles ont été retrouvées par Maorie Rose, la dame rose qui vient lui rendre visite à l'hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d'Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants. Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un très fort lien d'amour, ces douze jours deviendront légende.

Mon avis:
Un livre plein de tendresse et d'amour, un livre insouciant à l'image de l'enfance pour un sujet dur: la mort.
Oscar est un jeune garçon de dix ans qui est atteint du cancer et que les diverses opérations ne peuvent plus sauver. Progressivement, autour de lui, les comportements changent parce qu'on le sait proche de la mort. Oscar ne le comprend pas, pour lui tout est comme avant, rien n'a besoin de changer. Ses parents n'osent plus le regarder et celà l'attriste et le met en colère. On comprend les parents, on comprend encore mieux Oscar. Son seul réconfort est son amie Mamie-Rose, ancienne catcheuse toute frippée qui lui fait revivre ses aventures et le soutien. Ses lettres sont adressées à Dieu avec beaucoup de naïveté et d'espièglerie. Oscar veut vivre. Grâce à un jeu que lui propose mamie Rose, il va pouvoir vivre toutes les étapes de sa vie en douze petits jours et ne rien regretter en partant...
L'écriture et les mots sont ceux d'un garçon de dix ans. Les mots sont justes, les images et comparaisons parfois drôles. On sent la vie de ce petit garçon entre nos doigts... Un livre qui traite comme le dit si bien Oscar de "la vie, la mort, la foi et Dieu" sans aucune sensiblerie ni aucun prosélytisme.
Un livre émouvant et plein de tendresse sur un sujet pourtant si grave, à lire absolument...

Ma note:
9,5/10

A noter:
Le site officiel d'Eric-Emmanuel Schmitt.
Les avis de Zelly, Lilly, Laconteuse et conjuration des livres