mardi 15 mai 2007

Les quatre vies du saule

Un roman de Shan Sa.
Publié en 1999.
Lu en mai 2007.

L'histoire:

En Chine, le saule pleureur symbolise la mort et la renaissance. Faut-il croire qu'une branche de saule puisse devenir une femme condamnée à poursuivre l'amour de siècle en siècle ? D'un Pékin bruissant dans les songes et la poussière aux silences de la Cité interdite, de l'ère des courtisanes vêtues de soie à la Révolution culturelle, des steppes où galopent les Tartares aux rizières qu'arrose le sang des gardes rouges, deux êtres se cherchent et se perdent. Tout les sépare. Toutes les tragédies d'un peuple ancien. Dans ce tumulte, il faudrait un miracle pour les réunir... Roman d'amour ? Oui. Mais ce roman lyrique est aussi une traversée de la Chine éternelle. C'est une fable qui a parfois le goût du thé amer.

Mon avis :
Une ode a l’amour ou plutôt aux amours contrariées. On traverse quatre époques de la Chine rencontrant à chaque fois des personnages différents, mais que leurs amours meurtries rapprochent.
La première histoire se passe en l’an 1430. Shan Sa nous raconte l’histoire d’un jeune garçon Chong Yang qui n’a que six ans au départ et que l’on voit évoluer au fil des pages. Chong Yang plante deux saules côte à côte dans le jardin de la maison de ses parents. Mais son père est bientôt ruiné et les parents meurent brusquement. Chong Yang garde espoir, il veut devenir mandarin. Pour cela, il lui faut étudier et passer de nombreux concours. Un jour, il rencontre Quing Yi, un adolescent richement vêtu et cultivé qui est natif du même village que lui. Après avoir sympathisé Quing Yi lui offre sa sœur en mariage. Le mariage n’aura pas lieu, mais progressivement l’amour s’installe entre les deux jeunes gens. Lu Yi est une jeune femme totalement dévouée à son amour. La situation se complique lorsque Chong Yang est reçu pour ses concours et doit prendre femme…
La seconde histoire retracent les amours meurtries de deux jeunes frère et sœur au XVème siècle. On les suit de leur naissance (ils sont jumeaux) à la mort du frère. C’est la jeune fille qui nous raconte leur histoire tragique. Dans ce pays qu’est la Chine, seul les garçons comptent à la naissance et elle en souffre beaucoup. Mais grâce à ses nombreux dons, elle séduit son père qui se met alors a détester son fils, un vrai bon à rien et à regretter que sa fille ne soit pas née homme. Malgré les brimades, les coups, le désespoir parfois, les deux jeunes gens conservent un réel attachement l’un envers l’autre. Jusqu’au jour tragique où le garçon provoque sans le vouloir la mort de son père…
La troisième histoire se situe en 1962 en pleine Révolution culturelle. Wen est un jeune homme plein d’espoir en la Révolution. Il quitte ses parents contre leur volonté et s’engage dans la lutte. Il rencontre par hasard une jeune fille Saule dont la voix douce le fait rêver. Il en tombe plus ou moins amoureux mais leur relation reste celle de deux frère et sœur. Jusqu’au jour où une délégation arrive au village des gardes rouges et cherche un contre-révolutionnaire…
La dernière histoire est de loin la plus courte. Elle conte l’histoire d’Ajing, une jeune cadre dynamique courtisée par de nombreux hommes. Le temps d’un voyage en avion vers Hong Kong et peut être d’un rêve une nouvelle vie se dessine pour elle… Sans doute le plus poétique des quatre récits.
Ce livre est plein de poésie, de tendresse, d’amour mais aussi de cruauté et de tristesse. On y apprend beaucoup sur l’Histoire de la Chine à travers les âges, sur les us et coutumes des Chinois, sur leur manière de penser, leur manière de voir les choses. J’ai trouvé ce livre très enrichissant. La troisième histoire m’a un peu fait penser à « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Dai Sijie. La dernière histoire est de loin la plus poétique. Mais la seconde m’a beaucoup touchée aussi…
Un très beau roman à lire tout doucement, à savourer…

Ma note :
9/10.

3 commentaires:

Allie a dit…

Hop, sur ma LAL! :D

Leeloo a dit…

Allie: C'est vraiment un beau roman!

Anonyme a dit…

Je conseille fortement ses autres livres et notamment la joueuse de go: un vrai bijou.