lundi 23 juillet 2007

Hôtel Iris

Un roman de Yôko Ogawa.
Paru en 2000.
Lu en juillet 2007.


L'histoire:

Il existe sur cette terre de longues journées assommantes que le soleil asservit. Mari connaît bien cette impression de langueur ou de paresse moite, elle qui s'occupe, en compagnie de sa mère dominatrice et sévère, d'un petit hôtel en bord de mer, l'hôtel Iris. Mari est belle et ne le sait pas encore. Pour elle, l'amour et ses jeux sont des concepts sans consistance, comme les vagues de chaleur sur une route brûlée. Un soir, à l'hôtel, un vieil homme provoque un esclandre avec une prostituée. Mari est fascinée par le vieillard, par le timbre de sa voix, par son allure digne et majestueuse. Un homme pourtant sur qui courent les plus folles rumeurs : un assassin, un obsédé aux pratiques sexuelles immondes... Quelques jours plus tard, Mari croise le vieil homme en ville. Instinctivement elle le suit et ne pourra répondre à la question qu'il finira par lui poser : "Pourquoi me suivez-vous mademoiselle ?" Elle ne le sait pas. Mais d'ores et déjà elle sent battre en elle les pulsations du désir.
Dans un style d'une grande pureté, Yôko Ogawa déploie les voluptueux tourments d'une histoire d'amour sans limites entre un vieillard tourmenté et une jeune fille avide de découverte. Le livre refermé, il flotte encore cette atmosphère particulière que Yôko Ogawa décrit avec talent : chaude et sucrée, comme le plaisir et la douleur entremêlés.

Mon avis:
Hotel Iris est le premier roman de Yoko Ogawa que je lis. Voilà bien longtemps que j'avais pourtant envie de découvrir cet auteur. Et je n'ai pas été déçue.
Hôtel Iris est un livre dur qui traite de l'amour et de la douleur, un hymne au sado-masochisme en quelque sorte. Mais l'auteur, par son style épuré et recherché, nous livre la relation particulière de Mari et du traducteur - dont on ne saura pas le nom - sans aucune cruauté. J'ai adoré le style de l'auteur.
C'est la jeune Mari qui nous lexpose sa relation après réflexion mais sans aucun remords. Cela a quelque chose de dérangeant, tout comme cette relation... On est plongé dans l'histoire, on a l'impression de comprendre Mari, mais jusqu'à un certain point seulement, jusqu'au moment où l'on se sent vraiment mal à l'aise. Cette relation sans issue se termine comme il se doit, par la mort.
Une seule petite déception: dans ce roman, toute référence à la nipponité a été effacé, on se retrouve un peu dans un décor de carton-pâte qui pourrait bien être n'importe où sur notre planète, lui conférant un statut quelque peu universel...
Un livre à ne pas mettre entre les mains des plus sensibles, mais un livre magnifiquement touchant tout de même...

Ma note:
10/10.

A noter:
L'avis de Yueyin.

3 commentaires:

Katell Bouali a dit…

Ogawa, j'adore! Je vais seriner la bibli pour qu'ils achètent cet opus!

Véro a dit…

J'aime beaucoup moi aussi Ogawa. Mais Hôtel iris n'est pas mon préféré. je préfère de loin ses textes plus courts, comme L'Annulaire par exemple qui m'a fait découvrir cette auteure.

Thracinee a dit…

J'ai adoré ce roman... il m'a profondément marquée... Je suis séduite par la plume de Ogawa.