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vendredi 27 février 2009

A moi pour toujours

Un roman de Laura Kasischke.
Paru en octobre 2008 aux Éditions Le livre de poche.
Lu en février 2008.


Sherry Seymour est professeur à l'université. Elle mène une vie bien rangée typique de la middle class américaine: mariée, un enfant, une maison avec un grand jardin dans une belle banlieue. Mais le temps passe et les enfants grandissent, Chad quitte la maison pour l'université de Californie et ne rentre chez lui que rarement. Sherry s'ennuie et remet progressivemennt sa vie de mère en question.
Le jour de la Saint Valentin, elle découvre un petit mot dans son casier à l'université "Sois à moi pour toujours". Elle est d'abord flattée, d'autant que ce petit message tombe à point dans son existence un peu morne, mais bientôt cet admirateur secret l'obsède. Et c'est là que tout bascule...

J'avais lu plusieurs avis plutôt positif sur ce roman et puis fin janvier, lors d'un passage dans une librairie, je l'ai vu qui m'attendait. J'ai donc décidé de garder cette lecture pour la Saint Valentin. Je ne connaissais pas du tout l'auteur, mais j'avoue que j'ai été totalement séduite par son style et son écriture. J'ai ouvert le roman et je n'ai plus réussi à le lâcher. Laura Kasischke est une vraie romancière de l'intime, elle raconte le désir féminin, ses attentes, ses désillusions de manière particulièrement poignante. La vie de Sherry Seymour était bien ordonnée, réglée comme une horloge et du jour au lendemain tout s'écroule, tout part à vau-l'eau. On a du mal a croire que tout peut s'écrouler aussi rapidement, qu'une telle horreur puisse être possible pour des gens "bien rangés" et pourtant tout est si réaliste qu'on se met à réfléchir. Tout est si étrange et pourtant si simple, si atroce et pourtant si emprunt de poésie...
A l'hiver succèdent le printemps puis l'été, la tension monte, on tourne les pages sans s'en rendre compte. On sent ses doigts se crisper sur la couverture du livre. On attend le dénouement avec impatience et puis en refermant le livre, on a vraiment l'impression de s'être pris une grosse claque. Il n'en demeure pas moins que le roman est plutôt moralisateur, mais il me semble que ce roman ne laissera personne indifférent.

Un très bon thriller psychologique glaçant, déstabilisant.




Les avis de Kathel, d'Anjelica, de Papillon, de Tamara, et bien d'autres.

Kasischke Laura, A moi pour toujours, Le livre de poche, 2008, 377 pages.

mardi 10 février 2009

La Rose Pourpre et le Lys Tome 1

Un roman de Michel Faber.
Paru en 2005 aux éditions du Seuil Points.
Lu en janvier 2008.


Londres, fin du XIXème siècle. Sugar est une prostitué sulfureuse et cultivée qui ne refuse jamais rien et dont tous les hommes sont fous. William est le riche héritier des parfumeries Rackham, mais demeure le fils cadet pas bon à grand chose et déçu par sa vie et son mariage. Alors qu'il feuillète une revue peu recommandable, il tombe sur une description des talents de Sugar. Il se rend sans attendre dans le bordel de Mrs Castaway afin de constater par lui-même. Mais dès la première nuit, il tombe éperdument amoureux Sugar. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il la sort de la misère et l'installe dans un bel appartement. Sugar, quant à elle, est bien décidée à tout mettre en oeuvre pour ne plus retomber dans la misère...

Michel Faber nous plonge sans ménagement dans le Londres du XIXème siècle. La pauvreté est d'une réalité terrifiante. L'auteur s'est énormément documenté sur la période, il a d'ailleurs mis plus de 25 ans a écrire La Rose pourpre et le Lys. C'est certainement cela qui confère un caractère très cinématographique à ce roman. L'atmosphère est pesante, lourde. On est dès le départ inclus dans la narration par le narrateur: on est tapis dans le noir, on joue les espions, on est presque gêné par moment, on se sent un peu voyeuriste... Mais la fresque historique est splendide.
Malheureusement, je n'ai pas été totalement séduite. Je n'ai lu que le premier tome, je n'ai pas eu le courage de me lancer directement dans le second. Les personnages sont très bien décrit, on ne peut pas dire qu'ils soient attachants, mais on attend tout de même de savoir ce qui va leur arriver. J'aime beaucoup la personnalité de Sugar, on arrive pas vraiment à la cerner: elle a l'air tout à la fois fragile, forte, sombre et violente, femme de peu de vertu, mais femme instruite qui tente de rédiger son histoire... Quant à William, c'est un bourgeois médiocre qui n'a le goût de rien que de se plaindre de sa vie - au moins jusqu'à ce qu'il rencontre Sugar.
J'ai surtout été gêné par le manque de sentiments, d'émotions, de profondeur de l'histoire. La recherche historique est impressionante, mais j'ai un peu l'impression que ça confère un caractère trop journalistique au récit. J'ai plusieurs fois eu l'impression de m'enliser...
Mais j'ai tout de même beaucoup aimé l'écriture de Michel Faber. Rien à voir avec un Max Gallo français, son écriture est très agréable, recherchée, mais également crue, parfaitement adaptée à son récit. Certains passages sordides ou sexuellement très explicites peuvent peut être choquer les âmes les plus sensibles...
Une magnifique fresque qui me laisse pourtant sur ma faim... Je laisse passer un peu de temps, mais je lirai certainement le second tome.




Les avis beaucoup plus enthousiastes de Lisa et Gaëlle.
Et ceux plus proches du mien: Laiezza des Chats de bibliothèques.

FABER Michel, La Rose pourpre et le Lys, Tome 1, éditions du Seuil, collection Points , 2005, 536 pages.

lundi 2 février 2009

Twilight Chapitre 1: Fascination

Un film de Catherine Hardwick.
Avec Kristen Stewart et Robert Pattison.

Sorti en salle le 7 janvier 2009.
Vu le 11 janvier 2009.


Pas la peine de vous résumer l'histoire de ce film, tout le monde en a déja tant parlé. Je vous renvoie à mon billet sur le roman de Stephenie Meyer si des doutes subsistent.

J'avais lu pas mal de billets très peu élogieux juste avant d'aller au cinéma et je n'en attendais donc pas grand chose, me préparant déja au pire, mais curieuse tout de même de voir ce qui avait été tiré du roman.
Pourtant, j'ai été vraiment très agréablement surprise. Le film est vraiment très conforme au roman, tous les principaux éléments s'y trouvent. Il y a quelques petites choses en plus qui sont plutôt sympathiques, dont les fameuses balades dans les arbres, et quelques petites touches d'humour qui donnent un petit plus. Les paysages sont absolument magnifiques et Bella est très conforme à l'image que je me faisais d'elle. J'avais quelques doutes concernant la crédibilité de Robert Pattison dans le rôle d'Edward, mais il a très rapidement réussi à me convaincre. Les autres membres de la famille Cullen m'ont quelque peu désarçonné au début et puis finalement le charme a opéré. Mais je dois avouer que j'ai envie de donner une mention spéciale aux "méchants", James, Laurent et Victoria, qui me semblent de loin les vampires les plus réussis et les plus crédibles.
Je ne cache pas que le film a des défauts, mais finalement je me suis largement laissée prendre au jeu et c'est, comme pour les romans, avec des yeux d'adolescente, que j'ai apprécié le film. Même Arnaud - que j'ai un peu tiré de force à la séance, j'avoue - a été plutôt séduit...

Un film plutôt plaisant et réussi au final...





Mon avis sur le premier (ici) et le deuxième tomes (ici) des romans. Mes avis sur le troisème et quatrième tomes ne devraient pas tarder...

jeudi 9 octobre 2008

Une si jolie robe

Un roman de Fan Wu.
Pari en août 2008.
Lu en septembre 2008.




Canton, 1990. Ming, 17 ans, débute ses études universitaires. Un soir alors qu'elle se sent seul, elle monte sur le toit des dortoirs pour jouer du violon. C'est là que pour la première fois elle rencontre Miao Yan. Cette dernière a quelques années de plus que Ming. Pour les deux jeunes femmes, l'attirance est immédiate et pourtant tout les oppose. Alors que Ming est une élève sérieuse et travailleuse, Yan se laisse vivre et aime faire la fête tard dans la nuit.
Ming est jeune femme naïve qui connaît bien peu de choses de la vie. Surprotégée par ses parents professeurs exilés au fin fond de la campagne durant la révolution culturelle, elle s'est réfugiée dans le monde des livres. Alors que Yan est une jeune femme belle, provocante et manipulatrice. Cette rencontre marquera à jamais la vie de Ming...

Toute l'histoire tourne autour de l'ambiguité de la relation des deux jeunes femmes. En fait, il s'agit un peu de l'histoire de toutes les amitiés adolescentes alors que l'on se cherche, que l'on ne se connait pas encore mais que les hormones nous jouent déja des tours.
L'écriture est douce et fluide, très féminine, très européenne, malgré les origines de l'auteur. Mais comme les romans asiatique, il est écrit tout en douceur, en subtilité, comme les sentiments naissant qu'il dépeint.
Cette amitié orignale n'est pas le seul attrait du roman. A travers, ces deux jeunes femmes, c'est toute l'éducation des jeunes femmes en Chine, pleine de naïveté et de tabous, qui nous est dépeinte. Et j'en suis parfois resté bouche bée...
Un superbe roman que je ne suis pas prête d'oublier. Un véritable coup de coeur...




L'avis de Soïwatter aussi enthousiate que moi.

Wu Fan, Une si jolie robe, Picquier Grand format, 2008, 286 pages.

mardi 9 septembre 2008

La fille du pasteur Cullen

Un roman de Sonia Marmen
Publié en mars 2007 aux éditions France Loisirs.
Lu en août 2008.




Début du XIXème siècle. Dana est la fille du pasteur du petit bourg écossais de Kirkcaldy. C'est la petite protégée de la famille, la fille sage aux yeux vairons à qui une maladie infantile a laissé un pied bot. A l'âge de seize ans, c'est le drame. Son frère Jonat qui l'avait veillé et soigné jour et nuit durant sa maladie, quitte la maison suite à une dispute avec son père et est retrouvé mort quelques jours plus tard dans la capitale anglaise. Pour sa jeune soeur, la blessure ne se refermera jamais.
Inquiète pour son avenir, sa mère l'envoie chez sa tante à Edimbourg qui a deux jeunes garçons en âge de se marier. Progressivement, elle tisse des liens avec Timmy, bien qu'elle ne comprenne pas toujours leur relation. Puis elle fait la connaissance du chirugien Francis Seton...

Que dire de ce splendide roman de plus de 900 pages! Une merveille! Malgré son nombre de pages, jamais on ne s'ennuie, jamais le rythme ne s'essouffle. Tout est réuni pour en faire un roman inoubliable: une magnifique histoire d'amour, une Edimbourg enbrumée au début du XIXème siècle, des d'inquiétantes promenades nocturnes dans les cimetières, le milieu de la chirurgie dans un siècle qui ne l'accepte pas encore, la passion des livres... Ce roman est tout à la fois une fresque historique de l'Ecosse au début du XIXème siècle, un roman policier, une romance, le portrait d'une famille déchirée par la confrontation entre la religion et la libre pensée, l'histoire des difficiles débuts de la chirurgie.
J'ai particulièrement apprécié les descriptions des difficultés des chirurgiens dans ce siècle où ils ne sont pas encore vraiment reconnus. La bataille qu'ils ont mené contre les préjugés et l'Eglise pour avoir le droit de pratiquer des autopsies afin de découvrir comment sauver des vies.
J'ai adoré le personnage de Dana. Cette jeune fille sage et prude qui grandit et devient une femme. Son ouverture d'esprit alors qu'elle a été élevée dans le plus strict respect des règles religieuses qu'imposait son père à la famille. Cette jeune femme qui croit ne pas pouvoir plaire avec son pied bot et ses yeux vairons et qui pourtant fait tourner les têtes. C'est en quelque sorte tout son parcours initiatique à travers les affres de l'amour que l'on suit.
J'ai absolument adoré l'écriture de Sonia Marmen. Une écriture juste et délicate qui sait se faire violente ou sensuelle lorsqu'il le faut. Un niveau de langue qui colle absolument au contexte historique - ce que je ne rertouve pas très souvent et qui a souvent tendance à m'énerver. Une atmosphère historique très bien décrite et très bien documentée.
Un pur chef d'oeuvre, un énorme coup de coeur. Des semaines après sa lecture, je n'arrive toujours pas à faire sortir de ma tête les images qu'il y a insinué...

C'est Allie qui m'a donné envie de lire ce roman, il y a bien longtemps. Alors lorsque par hasard, je l'ai vu dans mon catalogue France Loisirs, je n'ai pas su résister.




Les avis d'Allie (qui a su me convaincre), Karine (un peu moins enthousiaste) et de Lucy.

Marmen Sonia, La fille du pasteur Cullen, éditions France Loisirs, 2007, 911 pages.

jeudi 14 août 2008

La fausse veuve

Un roman de Florence Ben Sadoun.
A paraître le 25 août 2008 aux éditions Denoël.
Lu en juillet 2008 grâce à l'aimable envoi de Chez les Filles.



Une femme raconte son combat pour revivre après que son amant se soit retrouvé durant des années avec le syndrome du "locked-in". Envers et contre tout, elle témoigne aussi de son amour pour cet homme qu'elle n'oubliera jamais.

Le livre débute alors que la narratrice fête ses 45 ans. Voilà dix ans que son amour est dans un profond coma. Pendant une période, il a pu communiquer avec elle en clignant des yeux. Elle raconte sa souffrance à le voir enfermé dans son propre corps, la souffrance d'aller le voir tous les dimanches à l'hôpital sans rien attendre en retour même pas un regard, mais aussi tout l'amour qu'elle lui porte encore et toujours. Mais c'est surtout et avant tout l'histoire d'un deuil difficile à faire puisque tout en étant plus, l'autre demeure vivant.
Cette histoire, c'est celle de Jean Dominique Baudry (Le scaphandre et le papillon). A l'époque cette affaire fut très médiatisée. Mais ce que l'on sait moins, c'est que peu avant son accident, cet homme avait quitté sa femme pour une autre. Et c'est cette autre, cette fausse veuve, toujours dans l'ombre de l'épouse légitime, qui nous fait part de ces sentiments et de sa difficulté à aimer à nouveau.
Dans un premier temps, l'écriture est totalement déroutante. Dans une même phrase, l'auteur vouvoie et tutoie son amant. Mais avec le temps, on s'habitue, puis on comprend l'utilisation alternative de ces deux termes. L'auteur s'adresse directement à son amant, comme s'il était toujours là, elle lui parle de sa vie, de sa souffrance, de son attachement à lui mais aussi de sa difficulté à continuer à vivre seule. Malgré le sujet l'auteur a réussi à nous épargner une atmosphère trop pesante. On est dans le vrai, ce court roman est réellement vivant. Malgré tout, je n'ai pas été totalement séduite, peut être par le besoin de reconnaissance qui est trop présent dans le roman. On a l'impression qu'oubliée par tous après l'accident, l'auteur veut se justifier montrer qu'elle était là, qu'ils s'aimaient et comptaient plus que tout l'un pour l'autre. Le traitement est peut être un peu trop égocentrique pour que le lecteur se sente vraiment concerné.
J'avoue que c'est un livre que je n'aurai certainement pas acheté en librairie. Le sujet tout en étant intéressant ne se trouve pas dans mes lectures habituelles. Malgré tout, ce petit livre a su à me toucher à plusieurs reprises...
Un beau livre donc au sujet triste et prenant mais à l'écriture simple et vraie...




Les avis mitigé de Lily, Cécile de Quoi de neuf, Aelys, et Frisette et plus enthousiastes de Véronique D, Lectrissima et Praline. Et il y en a sans doute d'autres...

Je remercie chaleureusement les éditions Denoël pour leur initiative et Chez les filles pour leur envoi.

Ben Sadoun Florence, La fausse veuve, éditions Denoël, 2008, 107 pages, 13€.

vendredi 18 juillet 2008

Neige

Un livre de Maxence Fermine.
Paru en 2000 aux éditions du Seuil Points.
Lu en mars pour le challenge ABC 2007: lettre F.
Relecture en juillet 2008.


À la fin du XIXe siècle, au Japon, le jeune Yuko s'adonne à l'art difficile du haïku. Suite à une convocation de l'empereur qui veut découvrir sa poésie, il ne se sent pas près et veut parfaire sa maîtrise. Il décide donc de se rendre dans le sud du pays, auprès d'un maître. Très rapidement, ils se lient d'amitié sans que l'on sache dans un premier temps lequel des deux apporte le plus à l'autre. En fait, c'est l'amour, l'image obsédante d'une femme disparue dans les neiges qui réunit les deux hommes.

Un petit livre plein de poésie, de charme, de simplicité et de blancheur. Je viens de lire ce petit conte cet après midi. La lecture est facile et rapide. Trop rapide à mon goût pour entrer tout en entier dans le roman et en apprécier toutes les subtilités - il fait moins de 80 pages et l'écriture est très aérée. J'ai pourtant beaucoup apprécié ce livre.
Une histoire pleine d'amour: l'amour de la neige, l'amour de Neige, l'amour de la poésie. Mais je crois qu'un extrait de ce petit livre sera plus parlant que tous les descriptions que je pourrai faire:
" La neige est un poème. Un poème qui tombe des nuages en flocons blancs et légers. Ce poème vient de la bouche du ciel, de la main de Dieu."
(p.13)

" Ce fut un voyage vers le soleil de son coeur. La pureté du monde et de sa lumière s'offrait à son regard. En marchant lentement sur le chemin, Yuko ressentit une joie pure et étincellante. Il était libre et heureux. Il emportait pour seul bagage l'or de sa foi en l'amour et en la poésie."
(p.36)

"L'amour est bien le plus difficile des arts. Et écrire, danser, composer, peindre, c'est la même chose qu'aimer. C'est du funambulisme. Le plus difficile c'est d'avancer sans tomber. "
(p.50)




L'avis de Soïwatter, de Bibliothéca et de Bmr&Mam.
Le site de Maxence Fermine.

Relecture en juillet 2008.

A chaque fois que je passe à côté de ce petit livre, je n'ai qu'une envie: l'ouvrir et le relire. Comme je le disais dans mon avis de mars dernier, il me manquait un petit quelque chose, j'étais un peu restée sur ma faim, le roman étant beaucoup trop court à mon goût. C'est donc avec beaucoup d'attente que je m'y suis replongée.
Cette fois encore la poésie de Maxence Fermine a fait son effet. Mais j'ai apprécié ce court roman de façon tout à fait différente. Je ne regrette plus qu'il soit aussi court. Tout est dit, tout est clair...
Un très beau et très court roman plein de blancheur, de poésie et d'amour.

Fermine Maxence, Neige, Points Seuil, 2000, 96 pages, 4,50€.

vendredi 4 juillet 2008

Tentation

Un roman de Stephenie Meyer.
Paru en 2006.
Lu en mai 2008.

L'histoire:

"Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, je ne m'en mêlerai plus. Ce sera comme si je n'avais jamais existé."
Rejetée par celui qu'elle aime passionnément, Bella ne s'en relève pas. Fascinée par un vampire, comment pourrait-elle retrouver goût à la pâle existence humaine ? Pourtant il faut vivre. Mais Bella n'a de goût pour rien, sinon le danger : alors elle entend la voix d'Edward, et éprouve l'illusion de sa présence.
Comme s'il ne l'avait pas abandonnée, comme s'il tenait encore à elle. Bella échappera-t-elle à cette obsession amoureuse qui la hante ? A quel prix ?

Mon avis:
C'est avec beaucoup de plaisir, mais aussi beaucoup d'attente face à mon coup de coeur pour Fascination, que j'ai retrouvé Bella et Edward. J'ai pourtant eu beaucoup de mal à entrer dans ce deuxième tome. Je l'ai trouvé long à démarrer, il ne s'y passe pas grand chose dans un premier temps et ensuite tout s'accélère et me semble trop tiré par les cheveux. L'histoire me semble moins vraisemblable et plus facilement déductible. Le ton de ce tome est différent du premier, beaucoup moins enjoué et plutôt nostalgique et mélancolique. C'est peut être cela qui m'a déconcerté.
Ce n'est pas pour autant une déception. J'ai retrouvé les personnages avec beaucoup de plaisir, j'ai suivi la "romance" de Bella et Jacob avec avidité. Mais Edward m'a semblé moins sympathique, plus égocentrique et le clan des Cullen m'a manqué.
Mais malgré tout, la magie a encore fait son effet. Ces romans sont comme une drogue, une fois qu'on y a touché on doit aller jusqu'au bout! Je suis toujours accro et il n'y a aucun doute que je saute très prochainement sur le troisième tome..

Ma note:



A noter:

Les avis de Val, Lily, Karine, Lilly, Clarabel et d'Allie qui tous semblent penser que ce tome est un peu moins bon que le premier...

lundi 16 juin 2008

Le Montespan

Un roman de Jean Teulé.
Paru en mars 2008.
Lu en avril 2008.


L'histoire:

Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C'était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan. Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose.
Dès qu'il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l'homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indéfférent aux menaces répétées, aux procès en tout genre, aux emprisonnements, à la ruine, aux tentatives d'assassinat, il poursuivit de sa haine l'homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme.
Il fallait le talnt et la verve de Jean Teulé pour rendre hommage à cet oublié de l'Histoire - personnage hors du commun - qui, l'un des tout premiers, à affronter à visage découvert le pouvoir absolu de son époque.

Mon avis:
Voilà longtemps que je n'avais plus ri d'aussi bon coeur en lisant un livre. On a souvent dû me prendre pour une folle dans le métro à pouffer toute seule derrière mon livre... Totalement séduite par Le magasin des suicides, je me suis laissée tenter par cette nouvelle oeuvre de Jean Teulé devant le stand Julliard au salon du livre de Paris et quelle bonne idée j'ai eu!
Dès lors que Louis-Henri de Montespan rencontre Françoise de Rochechouart, c'est le coup de foudre, l'amour fou. Le mariage suit très rapidement et les jeunes époux ne sortent plus de leur lune de miel... jusqu'au jour où pour redorer le blason de la famille de son tendre époux quelque peu entrée en disgrâce, Françoise à l'occasion de rentrer au service de la Reine et de faire craquer le Grand Roi-Soleil...
Tout bascule alors pour l'époux cocu. Alors que tout le monde le félicite, il n'a d'yeux que pour sa Françoise qu'il veut voir revenir dans son lit au plus vite. Et il aime le faire savoir que le Roi est un vilain qui rend les honnêtes maris de son royaume cocus. Ce qui n'est pas vraiment du goût du bon roi Louis...
Situation cocasse, humour quelque peu grivois, amour et souffrance, histoire dans l'Histoire - qui remettra quelques détails en place pour ceux qui ne jurent que par le clinquant de la cour du Roi-Soleil -, tout dans ce livre m'a séduite. J'ai passé un très très bon moment de lecture...

Ma note:
10/10

A noter:
L'avis de Stéphanie, Caro[line] et Cuné.
L'avis beaucoup moins enthousiaste des chats de biblio et d'Yspadadden.

jeudi 12 juin 2008

Rebelles

Un roman d'Anna Godbersen.
Paru en février 2008.
Lu en avril 2008.

L'histoire:
Des filles rebelles dans des robes sublimes font la fête jusqu'à l'aube. Des garçons irrésistibles aux sourires machiavéliques ont des intentions suspectes. Mensonges, secrets et scandales. Nous sommes à Manhattan... en 1899.

Mon avis:
Le quatrième de couverture est un peu réducteur, mais pour une fois n'entame pas l'histoire. On a tout le loisir et tout le plaisir de la découvrir par nous même. Je dirai qu'il s'agit d'un roman type pour adolescentes, mais même si je n'en suis plus une, sur moi aussi le charme a opéré. Ce roman est présenté comme étant le nouveau phénomène littéraire à New York. Je n'irai peut être pas jusque là même si le livre m'a beaucoup plu.
Magnifiques toilettes, prétendants idéaux, bals réguliers, opposition entre les riches et belles filles de la haute société et les pauvres jeunes hommes domestiques, histoires d'amour et de haine... Je ne vous révélerai rien. Sauf peut être que pour une histoire sensée se passer à la fin du XIXème siècle, la fin est plutôt inattendue. C'est peut être ce qui m'a le plus séduit... le courage d'aller jusqu'au bout...
Un très bon moment de lecture, entre détente et rêve de petite fille...

Ma note:
8,5/10

A noter:
Le site du livre.
L'avis de Clarabel.

vendredi 15 février 2008

Fascination


Un roman de Stephenie Meyer
Paru en 2005.
Lu en février 2008.


L'histoire:

Bella, seize ans, décide de quitter l'Arizona ensoleillé où elle vivait avec sa mère, délurée et amoureuse, pour s'installer chez son père, affectueux mais solitaire. Elle croit renoncer à tout ce qu'elle aime, certaine qu'elle ne s'habituera jamais ni à la pluie ni à Forks où l'anonymat est interdit. Mais elle rencontre Edward, lycéen de son âge, d'une beauté inquiétante. Quels mystères et quels dangers cache cet être insaisissable, aux humeurs si changeantes ? A la fois attirant et hors d'atteinte, au regard tantôt noir et terrifiant comme l'Enfer, tantôt doré et chaud comme le miel, Edward Cullen n'est pas humain. Il est plus que ça. Bella en est certaine.

Mon avis:
J'ai été fascinée et entraînée dans cette histoire sans même m'en rendre compte. Relativement sceptique au départ - j'suis pas une midinette moi! - je me suis laissée emporter dans cette histoire d'amour qui n'est de loin pas qu'une histoire d'amour... Je me suis sentie adolescente à nouveau dans la peau de Bella dévisageant le bel Edward. Bref, vous l'aurez compris, je suis moi aussi sous le charme de cette série.
C'est un livre que j'aurai adoré avoir entre les mains à l'âge de 15 ou 16 ans. L'écriture est simple, fluide et le vocabulaire relativement riche pour un roman d'ado. Bien sûr, il y a quelques clichés, quelques scènes toutes roses pour jeunes filles en mal du grand amour, mais comme je l'ai lu à plusieurs endroits sur la toile à propos de cette série, c'est un peu comme une drogue. J'ai commencé le premier tome et avant même d'avoir pu dire ouf, j'étais prise au piège... Le deuxième tome m'attend déja dans ma bibliothèque (merci Soïwatter!) et j'avoue que je dois me forcer pour ne pas me jeter dessus!

Ma note:
10/10.

A noter:A peu près tout le monde sur la blogosphère littéraire l'a déja lu et commenté, c'est la note d'Allie qui m'avait convaincu puis en lisant de nouvelles critiques ce dernier mois, j'ai craqué et ça y est, je suis accro!
Deux autres tomes sont déja parus: Tentation et Hésitation. Le quatrième tome devrait sortir aux États Unis au courant du mois d'août 2008.
Un film est en préparation sur le premier tome sous son titre anglais: Twilight.

lundi 21 janvier 2008

Lust Caution

Un film d'Ang Lee.
Avec Tony Leung Chiu Wai et Tang Wei.
Sortie en janvier 2008.
Interdit au moins de 12 ans.
Vu en VOSTFR lors de sa sortie.

L'histoire:

Dans les années 1940, alors que le Japon occupe une partie de la Chine, la jeune étudiante Wong est chargée d'approcher et de séduire Mr Yee, un des chefs de la collaboration avec les Japonais, homme redoutable et méfiant que la Résistance veut supprimer. Très vite, la relation entre Wong et Mr Yee devient bien plus complexe que ne l'avait imaginé la jeune femme.

Mon avis:
Voilà bien longtemps que nous n'étions plus allé au cinéma, essentiellement parce qu'on a pas vraiment eu de coup de coeur sur les sorties de ses derniers mois. Et puis, il y a eu Lust Caution. Ce film est tout simplement splendide. La musique du français Alexandre Desplat est magnifique. L'histoire est très dure.
Un groupe d'étudiants chinois, alors qu'une partie de la Chine est occupé par les Japonais, décident de se lancer dans la résistance. Avec des moyens plus que limités, ils mettent en place une surveillance de Mr Yee, un des chefs de la collaboration avec les Japonais. Wong, jeune étudiante, est chargé de le séduire et de l'éloigner de ses gardes du corps pour que les autres étudiants puissent l'abattre. Mais rien ne se déroule comme prévu, la mort de Mr Yee devient une obsession et la relation entre cet homme et la jeune Wong est bien plus complexe qu'elle n'aurait dû l'être...
Entre obsession, amour, trahison, luxure et résistance à l'ennemi, Lust Caution est un film tout simplement magnifique. Malgré un rythme lent et plus de 2h30 de projection, le film n'est jamais long, jamais ennuyeux. On y entre tout entier, on est captivé.
Un thriller psychologique sombre, quelques scènes érotiques, un film à voir absolument.

Ma note:
10/10.

A noter:
Lust Caution a été récompensé par un Lion d'or au dernier festival de Venise.
Le site officiel avec un bel aperçu de la musique du film ici.
Ma critique d'un autre film d'Ang Lee Le secret de Brokeback Mountain.

mercredi 9 janvier 2008

Les lettres chinoises

Un roman épistolaire de Ying Chen.
Paru en 1993.
Lu en janvier 2008 pour le challenge ABC.


L'histoire:

A Shangaï, deux jeunes gens, Yuan et Sassa, sont amoureux. Mais parce qu'il se sent étranger dans son propre pays, Yuan choisit un jour de venir s'établir à Montréal. Sassa, qui se refuse à voir dans l'exil un remède au mal de vivre, décide de ne pas le suivre. Leur amour supportera-t-il cet éloignement?

Mon avis:
C'est après avoir lu la critique d'Allie alors que je cherchais des romans asiatiques il y a quelques mois que j'ai eu envie de découvrir ce livre.
Les lettres chinoises est un roman épistolaire, et je crois que je n'ai plus besoin de préciser que j'adore les romans épistolaires pour leur manière de raconter les choses autrement, de donner des visions différentes des événements. C'est un roman qui traite de l'exil, de l'amour à distance et de ses conséquences. L'auteur a d'ailleurs elle-même émigré au Canada.
Yuan et Sassa sont très amoureux. Mais Yuan, comme beaucoup de jeunes chinois ne se sent plus à sa place dans ce pays qu'est la Chine et décide de partir pour Montréal. Dans leurs plans, Sassa doit le rejoindre un peu plus tard. Les premières lettres sont enflammées, l'absence de l'autre leur pèse énormément. Mais rapidement une troisième personne entre dans ce duo: Da Li, une amie commune du couple qui part également s'installer à Montréal et que Yuan prend sous son aile. De cette intrusion dans leur couple, on en vient à penser à un triangle amoureux. Ce qui a tendance à se confirmer au fil des pages lorsque Da Li dévoile à demi-mot à son amie qu'elle entretien une relation avec un jeune Shangaïen fiancé.
L'histoire aurait pu être magnifique, tous les ingrédients étaient réunis et pourtant je n'ai pas senti la magie opérer. Je n'ai pas aimé le personnage de Sassa qui laisse ainsi s'éteindre un amour parce qu'elle a peur de se confronter à l'étranger. Elle se complait à se plaindre et à désespérer tout en restant particulièrement prétentieuse. Mais j'ai aimé l'écriture, la délicatesse et la poésie des lettres, la simplicité des mots,... J'ai particulièrement apprécié la description du choc des cultures entre la culture chinoise et la culture nord-américaine, les divergences de pensées, de vivre même. Yuan et Da Li deviennent progressivement étrangers à leur propre pays et par la même de Sassa. A mesure que Yuan et Sassa s'éloignent, Da Li et Yuan se rapprochent...
Un beau livre malgré tout...

Ma note:
7,5/10.

A noter:
L'avis plus enthousiaste d'Allie, de BMR&MAM et de Cathe.

samedi 29 décembre 2007

Soie

Un roman d'Alessandro Baricco.
Paru en 2001
Lu en novembre 2007.

L'histoire:

Plus que le mortel ennui d'une vie répétitive, c'est une indifférence, une absence de résistance à la vie que Baricco suggère en ouvrant son roman par quelques phrases laconiques, purement énonciatives. Au début, Hervé Joncour fait penser à un spectateur repu qui se refuserait à intervenir dans la pièce qui se joue, et qui pourtant parle de lui. Voyageur en quête d'œufs de vers à soie, il se voit contraint, pour sauver les industriels de son village, d'effectuer une expédition "jusqu'au bout du monde". Or, en 1861, la fin du monde, c'est un Japon qui sort à peine de son isolationnisme, et, qui plus est, de mauvaise grâce. Et c'est au Japon que la vie du héros prend un tour nouveau en croisant celle d'une femme mystérieuse. À la fin du roman, plusieurs années se sont écoulées, qui ont paru un battement de cils raconté en douceur par une voix neutre qui a fait défiler sous nos yeux, tels des panneaux de papier de riz, les séquences successives de cette vie impalpable traversée par des personnages d'ombre subtile.

Mon avis:
Ce livre m'a été conseillé par Allie lorsque j'avais lu et critiqué Neige de Maxence Fermine. Depuis, j'ai lu beaucoup de très belles critiques sur ce court roman et toutes avaient raison, l'histoire est vraiment très belle, l'écriture simple et claire, les répétitions martèlent les voyages d'Hervé de Joncour. Années après années, on voit ce jeune homme partir au Japon et revenir au fil des saisons avec toujours le même rythme et toujours la même obsession: une femme mystérieuse.
Une histoire d'amour impossible et sensuelle. L'histoire d'une obsession qui fera braver bien des dangers à Hervé de Joncour... Une histoire pleine d'allée et venue, de redites, de poésie.
Un beau et court roman à savourer lentement, au rytme des voyages du héro de l'histoire...

Ma note:
8,5/10

A noter:
Les avis d'Allie, Papillon, Lilly et BMR&MAM
Un film de François Girard intitulé Soie devrait sortir prochainement.

lundi 23 juillet 2007

Hôtel Iris

Un roman de Yôko Ogawa.
Paru en 2000.
Lu en juillet 2007.


L'histoire:

Il existe sur cette terre de longues journées assommantes que le soleil asservit. Mari connaît bien cette impression de langueur ou de paresse moite, elle qui s'occupe, en compagnie de sa mère dominatrice et sévère, d'un petit hôtel en bord de mer, l'hôtel Iris. Mari est belle et ne le sait pas encore. Pour elle, l'amour et ses jeux sont des concepts sans consistance, comme les vagues de chaleur sur une route brûlée. Un soir, à l'hôtel, un vieil homme provoque un esclandre avec une prostituée. Mari est fascinée par le vieillard, par le timbre de sa voix, par son allure digne et majestueuse. Un homme pourtant sur qui courent les plus folles rumeurs : un assassin, un obsédé aux pratiques sexuelles immondes... Quelques jours plus tard, Mari croise le vieil homme en ville. Instinctivement elle le suit et ne pourra répondre à la question qu'il finira par lui poser : "Pourquoi me suivez-vous mademoiselle ?" Elle ne le sait pas. Mais d'ores et déjà elle sent battre en elle les pulsations du désir.
Dans un style d'une grande pureté, Yôko Ogawa déploie les voluptueux tourments d'une histoire d'amour sans limites entre un vieillard tourmenté et une jeune fille avide de découverte. Le livre refermé, il flotte encore cette atmosphère particulière que Yôko Ogawa décrit avec talent : chaude et sucrée, comme le plaisir et la douleur entremêlés.

Mon avis:
Hotel Iris est le premier roman de Yoko Ogawa que je lis. Voilà bien longtemps que j'avais pourtant envie de découvrir cet auteur. Et je n'ai pas été déçue.
Hôtel Iris est un livre dur qui traite de l'amour et de la douleur, un hymne au sado-masochisme en quelque sorte. Mais l'auteur, par son style épuré et recherché, nous livre la relation particulière de Mari et du traducteur - dont on ne saura pas le nom - sans aucune cruauté. J'ai adoré le style de l'auteur.
C'est la jeune Mari qui nous lexpose sa relation après réflexion mais sans aucun remords. Cela a quelque chose de dérangeant, tout comme cette relation... On est plongé dans l'histoire, on a l'impression de comprendre Mari, mais jusqu'à un certain point seulement, jusqu'au moment où l'on se sent vraiment mal à l'aise. Cette relation sans issue se termine comme il se doit, par la mort.
Une seule petite déception: dans ce roman, toute référence à la nipponité a été effacé, on se retrouve un peu dans un décor de carton-pâte qui pourrait bien être n'importe où sur notre planète, lui conférant un statut quelque peu universel...
Un livre à ne pas mettre entre les mains des plus sensibles, mais un livre magnifiquement touchant tout de même...

Ma note:
10/10.

A noter:
L'avis de Yueyin.

mardi 15 mai 2007

Les quatre vies du saule

Un roman de Shan Sa.
Publié en 1999.
Lu en mai 2007.

L'histoire:

En Chine, le saule pleureur symbolise la mort et la renaissance. Faut-il croire qu'une branche de saule puisse devenir une femme condamnée à poursuivre l'amour de siècle en siècle ? D'un Pékin bruissant dans les songes et la poussière aux silences de la Cité interdite, de l'ère des courtisanes vêtues de soie à la Révolution culturelle, des steppes où galopent les Tartares aux rizières qu'arrose le sang des gardes rouges, deux êtres se cherchent et se perdent. Tout les sépare. Toutes les tragédies d'un peuple ancien. Dans ce tumulte, il faudrait un miracle pour les réunir... Roman d'amour ? Oui. Mais ce roman lyrique est aussi une traversée de la Chine éternelle. C'est une fable qui a parfois le goût du thé amer.

Mon avis :
Une ode a l’amour ou plutôt aux amours contrariées. On traverse quatre époques de la Chine rencontrant à chaque fois des personnages différents, mais que leurs amours meurtries rapprochent.
La première histoire se passe en l’an 1430. Shan Sa nous raconte l’histoire d’un jeune garçon Chong Yang qui n’a que six ans au départ et que l’on voit évoluer au fil des pages. Chong Yang plante deux saules côte à côte dans le jardin de la maison de ses parents. Mais son père est bientôt ruiné et les parents meurent brusquement. Chong Yang garde espoir, il veut devenir mandarin. Pour cela, il lui faut étudier et passer de nombreux concours. Un jour, il rencontre Quing Yi, un adolescent richement vêtu et cultivé qui est natif du même village que lui. Après avoir sympathisé Quing Yi lui offre sa sœur en mariage. Le mariage n’aura pas lieu, mais progressivement l’amour s’installe entre les deux jeunes gens. Lu Yi est une jeune femme totalement dévouée à son amour. La situation se complique lorsque Chong Yang est reçu pour ses concours et doit prendre femme…
La seconde histoire retracent les amours meurtries de deux jeunes frère et sœur au XVème siècle. On les suit de leur naissance (ils sont jumeaux) à la mort du frère. C’est la jeune fille qui nous raconte leur histoire tragique. Dans ce pays qu’est la Chine, seul les garçons comptent à la naissance et elle en souffre beaucoup. Mais grâce à ses nombreux dons, elle séduit son père qui se met alors a détester son fils, un vrai bon à rien et à regretter que sa fille ne soit pas née homme. Malgré les brimades, les coups, le désespoir parfois, les deux jeunes gens conservent un réel attachement l’un envers l’autre. Jusqu’au jour tragique où le garçon provoque sans le vouloir la mort de son père…
La troisième histoire se situe en 1962 en pleine Révolution culturelle. Wen est un jeune homme plein d’espoir en la Révolution. Il quitte ses parents contre leur volonté et s’engage dans la lutte. Il rencontre par hasard une jeune fille Saule dont la voix douce le fait rêver. Il en tombe plus ou moins amoureux mais leur relation reste celle de deux frère et sœur. Jusqu’au jour où une délégation arrive au village des gardes rouges et cherche un contre-révolutionnaire…
La dernière histoire est de loin la plus courte. Elle conte l’histoire d’Ajing, une jeune cadre dynamique courtisée par de nombreux hommes. Le temps d’un voyage en avion vers Hong Kong et peut être d’un rêve une nouvelle vie se dessine pour elle… Sans doute le plus poétique des quatre récits.
Ce livre est plein de poésie, de tendresse, d’amour mais aussi de cruauté et de tristesse. On y apprend beaucoup sur l’Histoire de la Chine à travers les âges, sur les us et coutumes des Chinois, sur leur manière de penser, leur manière de voir les choses. J’ai trouvé ce livre très enrichissant. La troisième histoire m’a un peu fait penser à « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Dai Sijie. La dernière histoire est de loin la plus poétique. Mais la seconde m’a beaucoup touchée aussi…
Un très beau roman à lire tout doucement, à savourer…

Ma note :
9/10.

jeudi 3 mai 2007

Le secret de Brokeback Mountain

Un film de Ang Lee.
Avec Heath Ledger, Jake Gyllenhaal et Michelle Williams.
Sortie en janvier 2006.
Vu au cinéma lors de sa sortie.

L'histoire:
Eté 1963, Wyoming.

Deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain.
Isolés au milieu d'une nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance aussi irrésistible qu'inattendue. A la fin de la saison de transhumance, les deux hommes doivent se séparer.
Ennis se marie avec sa fiancée, Alma, tandis que Jack épouse Lureen. Quand ils se revoient quatre ans plus tard, un seul regard suffit pour raviver l'amour né à Brokeback Mountain.

Mon avis:
Un film magnifique : grave, émouvant et pourtant simple sur un sujet dont on a pas vraiment l'habitude qu'il soit traité de cette manière. Je trouve que le réalisateur n'est pas tombé dans les clichés communs. Il en ressort une grande sensibilité et les sentiments sont vraiment bien dépeints. Les acteurs sont vraiment dans leur rôle et on croit à leur histoire d'amour. Les paysages sont splendides.
Un film qui traite de l'homosexualité masculine avec beaucoup de finesse...

Ma note: 9/10.

vendredi 6 avril 2007

Cyrano de Bergerac

Une pièce de théâtre d'Edmond Rostand.
Paru en 1989.
Lu une dizaine de fois.


L'histoire:

" C'est un roc !... c'est un pic ! c'est un cap !Que dis-je, c'est un cap ? C'est une péninsule ! " La scène se passe en 1640. Provoqué par un fâcheux, Cyrano se moque. De lui-même et de son nez, objet de sa disgrâce. Séduire Roxane ? Il n'ose y songer. Mais puisqu'elle aime Christian, un cadet de Gascogne qui brille plus par son apparence que par ses reparties, pourquoi ne pas tenter une expérience ? " Je serai ton esprit, tu seras ma beauté, dit Cyrano à son rival. Tu marcheras, j'irai dans l'ombre à ton côté. " Jeu étrange et dangereux. Christian ne s'y trompe pas. A travers lui, la belle en aime en fait un autre... Mais Cyrano, s'il entrevoit le bonheur un instant, ne peut oublier son physique ingrat... Un drame qui tourne au tragique... Et pourtant quel panache dans cet impossible amour...

L'auteur: Edmond Rostand (1868 -1918)
Poète et auteur dramatique, il connut un triomphe avec Cyrano de Bergerac et L'Aiglon. Il fut élu à l'Académie française en 1901.

Mon avis:
Un des livres que j'ai relu le plus de fois. Je l'adore tout simplement. Je le trouve grandiose: un magistral exercice de style autour d'un ... nez. Une écriture tout à fait savoureuse, un contexte encré dans le XVIIème siècle, une histoire d'amour tendre et pudique, un homme à l'esprit tout à fait remarquable, des duels à l'épée... il a tout pour me plaire!

Ma note:
10/10.

jeudi 5 avril 2007

Les hauts de Hurlevent

Un roman d'Emily Brontë.
Publié en 1847.
Lu il y a quelques années.

L'histoire:

Les Hauts de Hurlevent sont des terres situées au sommet d’une colline et balayées par les vents du nord. La famille Earnshaw y vivait, heureuse, jusqu’à ce qu’en 1771, M. Earnshaw adopte un jeune bohémien de six ans, Heathcliff. Ce dernier va attirer le malheur sur la famille. Dès le début, Hindley, le fils d'Earnshaw éprouve une profonde haine pour cet intrus. A la mort de son vieux bienfaiteur, Heathcliff doit subir la rancœur de Hindley, devenu maître du domaine. Humilié par sa condition subalterne, Heathcliff, qui pourtant aime Catherine la sœur de Hindley jure de se venger. Sa fureur est décuplée lorsque Catherine, au tempérament aussi passionné que le sien et dont il est amoureux fou, épouse le riche Edgar Linton. Heathcliff jure de détruire les deux familles qui l'ont fait souffrir.

Mon avis:
J'ai lu ce livre, il y a quelques années déja. J'en ai gardé un bon souvenir de lecture. L'univers des landes est un peut étrange, plein de mystère. J'aime beaucoup les soeurs Brontë, leur manière d'écrire, leur façon de raconter les évenements.

Ma note:
8/10.

mercredi 4 avril 2007

Lucie Aubrac

Un film de Claude Berri.
Avec Daniel Auteuil et Carole Bouquet.
Sortie en 1997.
Vu en avril 2007 pour le challenge ABC du cinéma: lettre B.


L'histoire:

Le 21 juin 1943, à la suite d'une dénonciation, Raymond Aubrac est arrêté avec Jean Moulin par la Gestapo. Lucie, la femme d'Aubrac, ne reculera devant rien pour libérer son mari des griffes de la police allemande.

Mon avis:
Un très bon film historique prenant et terrible sur l'histoire vraie de Lucie et Raymond Aubrac, deux grands résistants. Les évenements sont fidèlement retranscrits ainsi que l'ambiance de la France sous l'occupation puisque les deux époux Aubrac eux-mêmes ont contribués à la réalisation du film.
Seul petit bémol - mais là je chipotte - si vraiment les résistants se baladaient dans la rue en costard cravate par groupe de trois le regard fier et haut pour se rendre à leur réunion secrète alors que tous les autres passants sont en habits de travail et regarde par terre, surtout dans le tramway, c'était plutôt facile de les repérer. Ce passage m'a un peu choqué, mais c'est sans doute voulu, pour montrer la détermination des résistants. C'est la seule chose que j'ai pu noter de plutôt invraissemblable. Ce qui ne ternit finalement pas du tout mon avis global.
Une histoire d'amour émouvante envers et contre tout, une femme qui jusqu'au bout fera tout son possible pour sauver son mari...
Un chef d'oeuvre.

Ma note:
9,5/10.

A noter:
Lucie Aubrac nous a quitté le 14 mars 2007 à l'âge de 94 ans. Une pensée à elle et à son mari Raymond toujours vivant.