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mardi 25 mars 2008

La chambre rouge

Un recueil de nouvelles d'Edogawa Ranpo.
Paru en 1995.
Lu en février 2008.

L'histoire:

Un homme mutilé aux prises avec les perversions de sa femme, une "chaise humaine" prodiguant caresses et sueurs froides à ses victimes, des confessions criminelles dans une "chambre rouge", une intrigue machiavélique autour d'une "pièce de deux sens"...
On retrouvera dans ces cinq récits - les plus célèbres d'Edogawa Ranpo - la même atmosphère et le même goût pour les mises en scène fantastiques et obsessionnelles que dans La proie et l'ombre: une logique implacable qui fait du crime une voie esthétique, où s'entremêlent perversions sexuelles, cruauté raffiné, manies et délires mentaux.

Mon avis:
Ces cinq nouvelles sont particulièrement intéressantes. Je n'avais jamais rien lu de tel. La fin de chaque nouvelle est vraiment géniale, on ne s'attend jamais au dénouement.
La chenille: c'est la nouvelle qui m'a le plus choquée. Une femme vit avec son homme qui est revenu de la guerre totalement mutilé. Il n'a plus de bras, plus de jambes et ne peut plus que cligner des yeux et elle prend un malin plaisir à le faire souffrir psychologiquement...
La chaise humaine: J'a vraiment adoré la chute de cette histoire. Peut être ma préférée... Un menuisier construit une chaise vraiment pas ordinaire qui lui permet au départ de commettre de menus larcins avant qu'il ne s'aperçoit qu'elle peut lui permettre de séduire des femmes...
Deux vies cachées: deux hommes qui n'ont à priori rien d'autre en commun que la solitude se raconte leur vie. L'un d'eux atteint de somnambulisme aigu durant lequel il a tué un homme a vu sa vie basculer... J'ai beaucoup aimé cette nouvelle également.
La chambre rouge: Une très belle nouvelle, très originale à mon goût - même si toutes le sont. Des hommes blasés par tout que la vie ennuie profondément se réunissent dans une Chambre rouge pour se raconter des histoires extraordinaires qui vont leur procurer quelque s sensations fortes. Un jour arrive un nouveau jeune homme qui va mettre du piment dans la vie de ces hommes...
La pièce de deux sens: Deux jeunes hommes pauvres cherchent un moyen de gagner de l'argent vite et bien. Encore une nouvelle très originale...
Dans un recueil de nouvelles, il est rare d'aimer voire d'adorer toutes les nouvelles et pourtant dans ce recueil les nouvelles sont toutes géniales. A lire absolument!

Ma note:
9,5/10.

A noter:
L'avis de Soïwatter.

mardi 5 février 2008

Le vampire de Ropraz

Un roman de Jacques Chessex.
Paru en 2007.
Lu en février 2008 pour le défi - Le nom de la rose





L'histoire:

En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l'autre au coeur de l'hiver...

Mon avis:
Pour commencer, je dirais "âme sensible s'abstenir". Le récit est très cru, très froid, quasi-journalistique. J'ai particulièrement aimé l'écriture de Jacques Chessex que j'ai trouvé à la fois puissante et en même temps simple et épuré, telle une chronique. Contrairement à Soïwatter, je n'ai pas trouvé le récit trop court, parce que justement il s'agit d'une sorte de chronique et on le comprend dès les premières phrases.
L'histoire est tirée d'un fait divers réel de la région natale de l'auteur. Elle se déroule dans une vallée suisse entre février et décembre 1903. Une jeune fille meurt de manière naturelle. Mais le lendemain de son enterrement, le cercueil est ouvert et le corps a été profané et mutilé. Commence alors une véritable chasse à l'homme. Les accusations fusent. Dans ces petits villages de vallée, le huis clos est vite oppressant. La vindicte populaire grogne... Le coupable idéal est rapidement trouvé.
L'atmosphère de l'époque dans ces vallées retirées me semble vraiment très bien retranscrite par l'auteur. L'obscurantisme de ces populations est décrit avec méticulosité... Mention spéciale pour la fin qui rend le livre encore plus terrible!
Un court livre vraiment très cru mais que j'ai vraiment beaucoup aimé...

Ma note:
9/10

A noter:
Les avis de Soïwatter, de Tamara, de Clovis, de Sylvie de Passion des livres, de Madame Charlotte, de Cuné, de Beloved et d'Arsenik.
Vous pouvez lire le premier chapitre du livre: ici.

mercredi 28 novembre 2007

Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie

Une nouvelle de Yoko Ogawa.
Publié en 1998.
Lu en octobre 2007.

L'histoire:

Quelque temps avant son mariage, une jeune femme rencontre un enfant et son père, qu'elle retrouve un soir plongés dans la contemplation d'un restaurant scolaire. Quand l'homme lui raconte pourquoi l'image d'un réfectoire le soir évoque pour lui le souvenir d'une piscine sous la pluie, la mélancolie s'installe tel un lien dont elle ne pourra plus se défaire... Avec finesse et subtilité, Yoko Ogawa effleure l'inconscient de personnages vivant des instants précieux, comme hors du temps, qui bouleversent leur existence. Attirés par l'autre, ils partent à la découverte des mystères de l'amour.

Mon avis:
Une très belle nouvelle. Simple, épurée, claire et pourtant floue, exactement ce que j'aime chez Ogawa habituellement. Décidement, je ne me lasse absoluement pas de la littérature asiatique. Plus j'en lis et plus je l'aime...
J'ai aimé l'atmosphère, la pluie, le brouillard. Il ne se passe pour ainsi dire rien et pourtant on ressent beaucoup face à cette rencontre aussi étrange qu'inattendue. Elle nous laisse un goût d'inachevée... Cette nouvelle m'a fait pensé à une autre nouvelle asiatique que j'ai lu cet été: Impression à la saison des pluies de Ge Fei. On y retrouve une atmosphère semblable et aussi cette impression d'inachevé.
Une nouvelle courte toute en finesse et en subtilité...

Ma note:
8/10

A noter:
Quelques informations sur l'auteur que j'apprécie beaucoup: ici

lundi 20 août 2007

Impressions à la saison des pluies

Un recueil de nouvelles de Ge Fei.
Paru en 2003.
Livre lu en août 2007.

L'histoire:

Ouvrez ce recueil et partez découvrir la Chine, celle que l'on croit connaître comme celle qui nous est parfaitement mystérieuse ! Dans ces deux merveilleuses nouvelles, Ge Fei séduit par son style enlevé, parfois moqueur ou distancié, toujours emprunt de tendresse.

Mon avis:
Ce recueil est composé de deux très belles nouvelles et a été préfacé par Xiaomin Giafferi-Huang que j'ai été très heureuse de retrouver.
  • Vert-jaune
Cette nouvelle relate l'histoire d'un homme qui cherche à savoir ce que sont devenues neuf familles de pêcheurs dont les femmes étaient des prostitués et qui disparaissent sans explication un beau jour. Cinquante ans plus tard, il enquête donc dans le village où ces pêcheurs étaient venus s'installer. Il espère découvrir ce que sont devenues ces neufs familles mais également le secret de l'expression Vert-Jaune qui est encore très obscur, peut être le nom d'une des prostitués... L'écriture est très agréable, la nouvelle plutôt courte et très prenante, il m'en est pourtant resté une impression de "pas terminé". Je rete un peu sur ma faim, tout en ayant particulièrement apprécié l'histoire.
  • Impressions à la saison des pluies
Cette seconde nouvelle, qui donne son titre au recueil, est l'histoire d'un village chinois et de ses habitants à la saison des pluies. La pluie interminable depuis des jours altère la perception de chacun, tout devient flou, humide et prend une odeur de moisi. L'histoire, encore une fois, me laisse sur ma faim, toujours une impression de "pas terminé". Pourtant, tout s'explique simplement, comme son titre l'indique, il ne s'agit que d'une série d'impressions sur la Chine à la saison des pluies...
J'ai un peu l'impression d'avoir retranscrit mes impressions sur ce recueil d'une manière un peu trop négative parce que j'ai particulièrement apprécié ces nouvelles malgré mon impression de "pas terminé"...

Ma note:
7,5/10.

A noter:
L'avis d'Antigone.

mardi 29 mai 2007

Matin brun

Une nouvelle de Franck Pavloff.
Paru en 1998.
Lu en mai 2007.

L'histoire:

Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d'un régime politique extrême : l'Etat brun. Dans la vie, ils vont d'une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros, ni des salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux. Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous ?

Mon avis:
Une très courte nouvelle - à peine 11 pages - mais au contenu très intéressant. C'est une nouvelle que je n'aurai peut être pas acheté, mais elle m'a été offerte il y a quelques temps. Je l'ai lu avec plaisir et attention.
A travers une petite histoire presque banale, deux amis qui ne demandent rien à personne, l'auteur nous plonge dans les débuts d'un régime politique extrème. Au premier abord l'histoire paraît plutôt simpliste, les deux amis ont chacun dû se séparer de leur chien et chat (noir et non pas brun comme les nouvelles lois l'obligent), mais on comprend bien vite que cette atteinte à la vie privée et aux libertés n'est pas la seule. Ca commence par des petits riens ou presque, mais tout va de plus en plus loin... jusqu'à ce que la loi devienne rétroactive et touche alors tout le monde. On entre dans un véritable engrenage et il est trop tard pour le narrateur de réagir.
Seul petit bémol, le texte est vraiment très court, le temps de rentrer dans l'histoire, elle est déja finie. Un style proche du langage parlé actuel, mais sans que cela gêne la lecture, l'histoire n'en est que plus réaliste...
Un petit livre très éducatif sur ces petits riens qui peuvent faire beaucoup et qui pousse à la réflexion...

Ma note:
7,5/10.

A noter:
L'auteur ayant renoncé à ses droits, vous pouvez le télécharger sur internet ou l'acheter en librairie pour 1 € seulement.
L'avis de Sylvie de passion des livres et des fanas de livres.