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mardi 10 février 2009

La Rose Pourpre et le Lys Tome 1

Un roman de Michel Faber.
Paru en 2005 aux éditions du Seuil Points.
Lu en janvier 2008.


Londres, fin du XIXème siècle. Sugar est une prostitué sulfureuse et cultivée qui ne refuse jamais rien et dont tous les hommes sont fous. William est le riche héritier des parfumeries Rackham, mais demeure le fils cadet pas bon à grand chose et déçu par sa vie et son mariage. Alors qu'il feuillète une revue peu recommandable, il tombe sur une description des talents de Sugar. Il se rend sans attendre dans le bordel de Mrs Castaway afin de constater par lui-même. Mais dès la première nuit, il tombe éperdument amoureux Sugar. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il la sort de la misère et l'installe dans un bel appartement. Sugar, quant à elle, est bien décidée à tout mettre en oeuvre pour ne plus retomber dans la misère...

Michel Faber nous plonge sans ménagement dans le Londres du XIXème siècle. La pauvreté est d'une réalité terrifiante. L'auteur s'est énormément documenté sur la période, il a d'ailleurs mis plus de 25 ans a écrire La Rose pourpre et le Lys. C'est certainement cela qui confère un caractère très cinématographique à ce roman. L'atmosphère est pesante, lourde. On est dès le départ inclus dans la narration par le narrateur: on est tapis dans le noir, on joue les espions, on est presque gêné par moment, on se sent un peu voyeuriste... Mais la fresque historique est splendide.
Malheureusement, je n'ai pas été totalement séduite. Je n'ai lu que le premier tome, je n'ai pas eu le courage de me lancer directement dans le second. Les personnages sont très bien décrit, on ne peut pas dire qu'ils soient attachants, mais on attend tout de même de savoir ce qui va leur arriver. J'aime beaucoup la personnalité de Sugar, on arrive pas vraiment à la cerner: elle a l'air tout à la fois fragile, forte, sombre et violente, femme de peu de vertu, mais femme instruite qui tente de rédiger son histoire... Quant à William, c'est un bourgeois médiocre qui n'a le goût de rien que de se plaindre de sa vie - au moins jusqu'à ce qu'il rencontre Sugar.
J'ai surtout été gêné par le manque de sentiments, d'émotions, de profondeur de l'histoire. La recherche historique est impressionante, mais j'ai un peu l'impression que ça confère un caractère trop journalistique au récit. J'ai plusieurs fois eu l'impression de m'enliser...
Mais j'ai tout de même beaucoup aimé l'écriture de Michel Faber. Rien à voir avec un Max Gallo français, son écriture est très agréable, recherchée, mais également crue, parfaitement adaptée à son récit. Certains passages sordides ou sexuellement très explicites peuvent peut être choquer les âmes les plus sensibles...
Une magnifique fresque qui me laisse pourtant sur ma faim... Je laisse passer un peu de temps, mais je lirai certainement le second tome.




Les avis beaucoup plus enthousiastes de Lisa et Gaëlle.
Et ceux plus proches du mien: Laiezza des Chats de bibliothèques.

FABER Michel, La Rose pourpre et le Lys, Tome 1, éditions du Seuil, collection Points , 2005, 536 pages.

jeudi 30 octobre 2008

L'affaire de Road Hill House

Un livre de Kate Summerscale.
Paru en mai 2008 aux éditions Christian Bourgois.
Lu en septembre 2008.


En 1860 dans un petit village anglais, le petit Saville Kent disparaît de son lit au lendemain d'une nuit pourtant très calme. Les recherches s'organisent dans la propriété des Kent. Quelques heures plus tard, le corps du jeune garçon d'à peine cinq ans est retrouvé dans les latrines des domestiques recouvert de sang. Les habitants de cette grande demeure du Wiltshire doivent rapidement se rendre à l'évidence: Saville a été assassiné et le meurtrier est forcément l'un d'entre eux. Les rumeurs vont bon train sur cette famille à l'apparence tranquille et sans histoire. La presse, en plein essor à cette période, se fait rapidement le relais des plus terribles hypothèses et relatent les moindres détails de l'enquête. Bientôt l'enquête piétine et c'est le détective de Scotland Yard, Jack Wicher qui est envoyé pour élucider cette terrible affaire.

Ce livre est tout à fait étonnant et particulièrement intéresant. Moi qui aime beaucoup les romans policiers, j'ai été servi. En réalité, il ne s'agit pas d'un roman policier, mais bien de l'enquête historique sur le meurtre de ce jeune garçon que tout le monde semblait pourtant aimé. Kate Summerscale nous fait remonter le temps à travers des documents d'archives (presse, rapport d'enquête, rapport d'autopsie, ...) à une époque où la figure du détective n'en est encore qu'à ses débuts. C'est l'époque des premières histoires de Sherlock Holmes et de tous ces accolytes. Cette histoire a d'ailleurs inspiré de nombreux grands auteurs anglais du XIXème siècle. Le contexte historique est admirablement dépeint. On se retouve sans s'en rendre compte dans ce comté du Wiltshire dans la demeure des Kent à l'époque victorienne. Tout y est relaté, le prix des denrées, les habitudes des gens vivant aux alentours de Rod Hill House, les premiers succès de la presse, les rumeurs, les protagonistes, les histoires de famille, ... On est plongé aux coeur de l'enquête, elle avance pas à pas sous notre regard.
Une enquête particulièrement riche historiquement parlant et passionante.




Les avis de Joëlle (qui m'a donné envie de lire ce livre), de Michel et d'Amanda.

Summerscale Kate, L'affaire de Road Hill House, Christian Bourgois éditeur, mai 2008, 521 pages.

mercredi 22 octobre 2008

De Niro's game

Un roman de Rawi Hage.
Paru en septembre 2008 aux éditions Denoël.
Lu en septembre 2008.


Début des années 1980. Bassam et Georges sont deux amis d'enfance. Ils survivent comme ils peuvent dans un Beyrouth dévasté par les bombes. Un peu voyou, vivant de menus larcins, les jours se suivent pour les deux jeunes hommes comme les alertes à la bombe. Ils rêvent de jours meilleurs jusqu'au jour où Georges s'engage dans la milice. Progressivement, les deux amis s'éloignent l'un de l'autre, Bassam rêve de vivre à l'étranger alors que Georges combat dans la milice chrétienne...

Georges et Bassam sont deux petits voyous qui vivent comme ils le peuvent de leur petits larcins et de leur petits boulots. Ils passent leur nuit dans des fêtes où les filles manquent mais l'alcool coule à flot. Tout ne serait pas si terrible si on n'était pas à Beyrouth dans les années 1980 alors que la guerre fait rage, que les alertes à la bombe se succèdent et que les cadavres pleuvent.
Un jour qu'ils s'ennuient et qu'ils ont besoin d'argent, ils décident de monter un gros coup. Il est question de détourner la recette de la salle de jeu où travaille Georges. Mais l'argent ne fait pas tout. Georges est de plus en plus attiré par les milices chrétiennes alors que Bassam rêve d'évasion, de Rome ou de Paris.
L'écriture est belle et puissante, mais dure et noire. L'histoire est noire, pessimiste, un peu trop pour moi. Je n'ai pourtant pas eu de mal à me plonger dans le roman et à le lire jusqu'au bout. Mais l'atmosphère est trop pesante et sans espoir. Et puis les personnages se sont créés une carapace, certes nécessaire dans le contexte, mais qui rend leur regard sur les événements d'une froideur extrême. Et la fin m'a quelque peu déçue, je m'y attendais vraiment fortement.
Un roman très dur et pessimiste, une écriture puissante, mais qui n'ont pas su me séduire...




Je remercie sincèrement Chez les filles et les éditions Denoël pour leur envoi.

Les avis de Solenn, de Cathulu ou de Chatperlipopette. Mais quasiment toute la blogosphère l'a lu...

Hage Rawi, De Niro's Game, éditions Denoël, 2008, 262 pages.

mardi 9 septembre 2008

La fille du pasteur Cullen

Un roman de Sonia Marmen
Publié en mars 2007 aux éditions France Loisirs.
Lu en août 2008.




Début du XIXème siècle. Dana est la fille du pasteur du petit bourg écossais de Kirkcaldy. C'est la petite protégée de la famille, la fille sage aux yeux vairons à qui une maladie infantile a laissé un pied bot. A l'âge de seize ans, c'est le drame. Son frère Jonat qui l'avait veillé et soigné jour et nuit durant sa maladie, quitte la maison suite à une dispute avec son père et est retrouvé mort quelques jours plus tard dans la capitale anglaise. Pour sa jeune soeur, la blessure ne se refermera jamais.
Inquiète pour son avenir, sa mère l'envoie chez sa tante à Edimbourg qui a deux jeunes garçons en âge de se marier. Progressivement, elle tisse des liens avec Timmy, bien qu'elle ne comprenne pas toujours leur relation. Puis elle fait la connaissance du chirugien Francis Seton...

Que dire de ce splendide roman de plus de 900 pages! Une merveille! Malgré son nombre de pages, jamais on ne s'ennuie, jamais le rythme ne s'essouffle. Tout est réuni pour en faire un roman inoubliable: une magnifique histoire d'amour, une Edimbourg enbrumée au début du XIXème siècle, des d'inquiétantes promenades nocturnes dans les cimetières, le milieu de la chirurgie dans un siècle qui ne l'accepte pas encore, la passion des livres... Ce roman est tout à la fois une fresque historique de l'Ecosse au début du XIXème siècle, un roman policier, une romance, le portrait d'une famille déchirée par la confrontation entre la religion et la libre pensée, l'histoire des difficiles débuts de la chirurgie.
J'ai particulièrement apprécié les descriptions des difficultés des chirurgiens dans ce siècle où ils ne sont pas encore vraiment reconnus. La bataille qu'ils ont mené contre les préjugés et l'Eglise pour avoir le droit de pratiquer des autopsies afin de découvrir comment sauver des vies.
J'ai adoré le personnage de Dana. Cette jeune fille sage et prude qui grandit et devient une femme. Son ouverture d'esprit alors qu'elle a été élevée dans le plus strict respect des règles religieuses qu'imposait son père à la famille. Cette jeune femme qui croit ne pas pouvoir plaire avec son pied bot et ses yeux vairons et qui pourtant fait tourner les têtes. C'est en quelque sorte tout son parcours initiatique à travers les affres de l'amour que l'on suit.
J'ai absolument adoré l'écriture de Sonia Marmen. Une écriture juste et délicate qui sait se faire violente ou sensuelle lorsqu'il le faut. Un niveau de langue qui colle absolument au contexte historique - ce que je ne rertouve pas très souvent et qui a souvent tendance à m'énerver. Une atmosphère historique très bien décrite et très bien documentée.
Un pur chef d'oeuvre, un énorme coup de coeur. Des semaines après sa lecture, je n'arrive toujours pas à faire sortir de ma tête les images qu'il y a insinué...

C'est Allie qui m'a donné envie de lire ce roman, il y a bien longtemps. Alors lorsque par hasard, je l'ai vu dans mon catalogue France Loisirs, je n'ai pas su résister.




Les avis d'Allie (qui a su me convaincre), Karine (un peu moins enthousiaste) et de Lucy.

Marmen Sonia, La fille du pasteur Cullen, éditions France Loisirs, 2007, 911 pages.

dimanche 27 juillet 2008

Le testament d'Erasmus

Une bande dessinée de Francis Keller (illustrateur) et Jean Marc Thiébaut (scénariste)
Paru en 1996 chez Roser Editeur.
Relecture en juillet 2008.


Cette bande dessinée comme les autres de la série, nous plonge dans l'histoire de l'Alsace. On est ici au XVIème siècle dans la petite ville de Sélestat où Martin Lohrer et un dénommé Korn reviennent après plusieurs années d'absence. Une lettre de son amie Suzel a avertit Martin que quelque chose d'étrange se tramait en ville. Tout le monde est surveillé, d'étranges moines "corbeaux" rodent, et dame Judith à perdu la raison. Martin et son ami enquête...

J'aime beaucoup cette série des aventures de Martin Lohrer parce qu'elle utilise comme toile de fond ma région natale, des villes que je connais bien et que je retrouve dans les dessins, mais aussi parce que j'apprécie les illustrations. J'aime les couleurs sombres et l'atmosphère pesante de ce tome. Pourtant l'histoire est un peu courte à mon goût et peut être pas assez développée ou recherchée. Je reste un peu sur ma faim comme lors de ma première lecture. Mais je me procurerais tout de même un jour les autres tomes pour le plaisir de retrouver des lieux connus...




Déja paru dans la série des aventures de Martin Lohrer: L'or des Unterlinden, Noël à Kaysersberg, Le hanap d'argent et Éclipse au Hohlensbourg.

Thiébaut Jean-Marc, Le testament d'Erasmus, Roser Editeur, 1996.

lundi 7 juillet 2008

Magdalaine la Bâtarde

Un roman de Roberta Gellis.
Paru en 2006 chez 10/18 Grands Détectives.
Lu en juin 2008.


Londres, XIIème siècle. Magdalaine la Bâtarde, femme au passé trouble, dirige depuis quelques années une maison close l'Old Priory Guesthouse attenant au prieuré de Saint Merry Overy. Magdalaine n'est pas comme n'importe laquelle des prostitués du Londres médiéval, elle tient une maison de qualité où la discrétion est assurée et le confort aussi. Elle est d'ailleurs passée sous la protection de Grands de ce monde comme Guillaume d'Ypres ou l'évêque de Winchester.
Mais lorsqu'un émissaire du pape est assassiné sur le parvis de l'Église, il n'en faut pas moins pour soulever les protestations des moines et les voir accuser Magdalaine et ses charmantes filles. Mais celles-ci ne se laissent pas faire et décident d'avertir l'évêque pour l'amener à mener une enquête. C'est Sire Bellamy d'Itchen qui va s'en charger et qui devient le chevalier servant de notre tenancière. Tous ensemble, ils vont se battre pour faire éclater la vérité dans un contexte politique et religieux parfois complexe.


Magdalaine est une héroïne attachante. Elle prend soin de ses filles et de ses clients, elle est discrète et pourtant prête à se battre envers et contre tous. C'est un personnage intriguant et même envoûtant. On en apprend finalement très peu sur elle et sa vie d'avant dans cet opus. J'ai beaucoup aimé ses filles, elles sont charmantes et différentes, on n'a pas affaire à des prostitués de bas étage qui se prostituent contre leur gré pour survivre. Les filles ont été soigneusement sélectionnées par Magdalaine pour leurs charmes physiques mais aussi et surtout leurs particularités. On n'entre à l'Old Priory Guesthouse que sur recommandation et le prix est certes bien élevé mais les prestations le valent.
Les rebondissements sont nombreux dans cette histoire et font passer quasi inaperçus les quelques longueurs. On fini par soupçonner tout le monde et surtout les moines ce qui m'a fait bien sourire. Les prises de bec entre Bellamy d'Itchen et la belle Magdalaine font également sourire. Celui-ci amoureux depuis le premier regard ne peut s'empêcher de jalouser tous ses amants. On se demande si une réelle idylle va naître entre ces deux. L'ambiance rappelle un peu celle des romans de Frère Cadfaël -qui se passent d'ailleurs à la même période-, surtout quand on entre dans le prieuré. L'écriture est simple et fluide, les personnages vraiment originaux dans une enquête policière, l'intrigue tient jusqu'au bout. Tous les éléments d'une bonne série historico-policière sont réunis. J'ai très envie de découvrir la suite...




Les avis de Gachucha, Yueyin, Frisette et Chimère.

Trois tomes suivent déja ce premier opus: Le diable à demeure (T.2), Le vent de la trahison (T.3) et La chambre aux secrets (T.4).

Gellis Roberta, Magdalaine la Bâtarde, 10/18 Grands Détectives, 2006, 398 pages, 7,90€.

jeudi 20 décembre 2007

Sambre V: Maudit soit le fruit de ses entrailles ...

Une bande dessinée d'Yslaire
Paru en 2003.
Lu en décembre 2007.

L'histoire:

Bernard Sambre est mort sur les barricades, sans avoir accompli son rêve d'amour impossible. Julie, devenue au fil des albums le personnage central de la série, a été expédiée dans un bagne en Algérie. L'enfant de Bernard lui a été enlevé. Son éducation a été confiée à Sarah, la soeur folle qui vit dans le souvenir de son père et de son frère. Nous retrouvons les personnages huit ans plus tard. Julie, via Brest, rejoint Cayenne avec une remise de peine à la clef. Bernard-Marie, le fils de Bernard et Julie, vit à la Bastide, une demeure qui ressemble de plus en plus au tombeau des Sambre. L'enfant va-t-il échapper au destin que lui construit Sarah ? Mère et fils vont-ils se retrouver ? Le désirent-ils seulement ? Qui sera le vainqueur du duel que se livrent à distance Julie et Sarah ? La Guerre des yeux va-t-elle renaître ?

Mon avis:
Alors que mon Chéri avait lu ma critique sur les tomes précédents de Sambre il y a quelques jours, il a décidé de m'offrir le tome 5, seul tome que je n'avais pas encore lu comme cadeau de Noël.
Comme pour les tomes précédents, c'est avant tout les dessins qui me fascinent. J'apprécie énormément les tons rouge et noir, les jeux de clair obscur, la violence de certaines planches. En ce qui concerne l'histoire, on retrouve Julie, alors qu'elle est enfermée à Brest et qu'on lui "propose" de partir en exil à Cayenne. Elle a perdu le fils de Bernard qu'elle avait mis au monde quelques huit ans plus tôt sur les barricades alors qu'on l'emmenait en prison. Ce dernier, prénommé Bernard-Marie, vit à la bastide des Sambre avec sa tante aveugle Sarah. Le jeune garçon commence a poser des questions sur ses parents et surtout sur sa mère, questions auxquelles Sarah ne veut pas répondre. L'enfant n'a pas hérité des yeux rouge de sa mère, et pourtant...
Encore un gros coup de coeur pour moi, comme pour le reste de la série...

Ma note:
10/10

A noter:
Ma critique des autres tomes: ici
Le blog d'Yslaire: ici

mardi 11 décembre 2007

Sambre

Laissez - moi aujourd'hui vous parler d'un véritable coup de coeur pour une série de BD: Sambre d'Yslaire. Je l'ai découvert il y a quelques années déja alors que je fréquentais la médiathèque de mon village. Véritable coup de coeur pour l'histoire, pour le contexte mais aussi pour les dessins et les couleurs... Une BD qui me correspond tout à fait!

Tome 1: Sambre: Plus rien ne m'est...

L'histoire:
Si la couleur de ce récit évoque le "Rouge et le noir", l'atmosphère renvoie irrésistiblement aux "Hauts de Hurlevent", car, dans cette aventure, tout est romantique, palpitant, ténébreux et passionné. "Plus ne m'est rien" : le titre sonne comme un blason lugubre : celui d'une malédiction qui entraîne vers la folie. Vers l'affrontement amoureux qui détruira Bernard Sambre et la jeune Julie...


Tome 2: Sambre: Je sais que tu viendras...

L'histoire:
"Va, dit-il... je te livre à ta propre misère... Trop indigne à mes yeux d'amour ou de colère, tu n'es rien devant moi... Roule au gré du hasard dans les déserts du vide, Qu'à jamais loin de moi le Destin soit ton guide, Et le malheur ton roi !" Yslaire écrit le second chapitre de Sambre avec les mots fulgurants de la passion et dessine les sentiments avec l'encre du désir. Au-delà du temps, au-delà de la haine des hommes, l'affrontement amoureux de Bernard Sambre et de Julie se poursuit implacable. Comme un coeur partagé. A jamais...

Tome 3: Sambre: Liberté, liberté, ...

L'histoire:
L'Histoire est en marche...
Celle de Paris en février 1848, celle de Bernard Sambre fuyant les bras de la Liberté pour prendre en main son destin.
Julie est au bout du chemin.
Troisième acte de la tragédie des Sambre, "Révolution, révolution..." résonne des cris et révoltes du peuple comme un coeur déchiré qui bat la mesure des amants acharnés à se détruire, à se retrouver. La liberté est à ce prix. Le prix du sang...

Tome 4: Sambre: Faut-il que nous mourions ensemble?

L'histoire:
Au-delà du temps, au-delà de la haine des hommes, l'affrontement amoureux de Bernard Sambre et de Julie, comme une braise incandescente, irradie de toute sa beauté ce chef-d'oeuvre de la BD. Yslaire écrit avec les mots fulgurants de la passion et dessine avec un élan flamboyant cet hymne à l'amour impossible. Sambre où l'illustration exacte et parfaite du « Romantisme », entre noirceur de l'âme et brûlure des sentiments. Un monument...

La série Sambre se compose jusqu'à présent de 5 tomes - je n'ai malheureusement pas lu le dernier. Jusqu'à présent, la deuxième génération (1847 - 1848) est achevée - cela correspond au quatre premiers tomes qui nous content l'histoire de Bernard Sambre et Julie - et le premier tome de la troisième génération (1856 - 1862) est paru. Il s'agit de l'histoire de Bernard-Marie et de Judith que l'on devrait découvrir en quatre tomes également. Reste aussi à paraître la dernière génération ( 1862 - 1871).
Cette année est paru une série parallèle à Sambre. Ce nouveau tome, où devrai-je dire ce nouveau livre puisqu'il s'agit du premier chapitre du livre I de la Guerre des Sambre retrace l'histoire des premières générations (1830 - 1847, puis 1760 et enfin - 40 000 av. J.C.)
J'attend avec impatience la suite de la série que ce soit de Sambre ou de la guerre des Sambre.

Livre I: La guerre des Sambre, Chapitre 1: Hugo et Iris

L'histoire:
Printemps 1830, Hugo Sambre épouse, sans amour, Blanche Dessang. Bien que les deux familles s'apprécient peu, ce mariage arrangé convient malgré tout aux deux parties. Quelques mois plus tard, Hugo est envoyé en Belgique inspecter une usine de charbonnage dont il est désormais le propriétaire. Il y fait la connaissance d'Horace de Saintange, le contremaître, et ensemble ils se passionneront pour une découverte archéologique sans précédent : une grotte ornée de peintures rupestres dans laquelle ils trouvent des crânes, parmi lesquels s'en trouve un aux orbites incrustées de pierres rouges.

Mon avis:
Lorsque l'on voit les couvertures de ces DD, on sait déja où l'on met les pieds. Les dessins sont tout simplement magnifiques. Ils nous font percevoir de réelles émotions. L'obscurité des planches est mise en valeur par des jeux de clair-obscur. Les teintes sombres et le rouge y dominent. Le rouge du sang, le rouge de la malédiction des Sambre... On croirait voir un tableau à chaque nouvelle planche. Un véritable délice graphique...
Les textes d'Yslaire sont splendides, pleins d'émotions, de violence, d'amour, de romantisme... Le fond historique est fort et imprègne l'atmosphère de chacun des tomes. D'un tome à l'autre on passe de l'action à des phases beaucoup plus psychologiques et tragiques. Le désespoir plane au-dessus de chacun des tomes. L'émotion qui se dégage de cette série est limite insoutenable dans plusieurs tomes...
Une BD tout en beauté et en puissance...

Ma note:
10/10

A noter:
Le blog d'Yslaire.


vendredi 13 juillet 2007

Luz ou le temps sauvage

Un roman d'Elsa Osorio
Paru en 2002.
Lu en juillet 2007.


L'histoire:

A vingt ans, à la naissance de son enfant, Luz commence à avoir des doutes sur ses origines, elle suit son intuition dans une recherche qui lui révèlera l'histoire de son pays, l'Argentine. En 1975, sa mère, détenue politique, a accouché en prison. La petite fille a été donnée à la famille d'un des responsables de la répression. Personne n'a su d'où venait Luz, à l'exception de Miriam, la compagne d'un des tortionnaires, qui s'est liée d'amitié avec la prisonnière et a juré de protéger l'enfant.
Luz mène son enquête depuis sa situation troublante d'enfant que personne n'a jamais recherchée.
Un thriller loin des clichés dans lequel l'amour cherche la vérité.

Mon avis:
Ce livre retrace la quête de son identité d'une jeune femme argentine. Tout commence en 1976 lors de la naissance de Luz. Le pays est en proie à un régime autoritaire qui veut faire taire tous les opposants au pouvoir. Sa mère faisait partie des "subversifs". Elle est assassinée et la petite Luz est envoyée chez la fille du commanditaire de l'opération afin de combler le manque d'un enfant mort-né. Sa véritable mère a pourtant réussi à faire une alliée de sa geolière et lui a fait promettre de tout révéler à Luz le jour où elle le pourra. Mais le temps passe, la vie en Argentine évolue, Luz grandit... A chaque fois que quelqu'un tente de fouiller dans le passé trouble de Luz, il meurt accidentellement. La peur continue à tenir tous les protagonistes de l'affaire... Finalement, Luz elle-même se doute de ses origines et tente le tout pour le tout pour découvrir qui elle est vraiment.
A travers l'histoire de cette jeune femme, c'est l'histoire de l'Argentine qui est révélée. C'est également l'histoire de six couples que l'on voit évoluer: Mariana et Edouardo les parents "adoptifs" de Luz, Liliana et Carlos les véritables parents, Miriam et Franck ceux qui vont se battre pour apprendre ces origines à Luz, Amalia et Alfonso les parents impitoyables de Mariana qui ont arraché Luz à sa vraie mère, Laura et Javier les oncles et tantes de Luz qui cherchent la vérité et Luz et Ramiro qui se battent pour trouver les origines de Luz. Le livre est divisé en trois parties: la première couvre l'année 1976 lors de la naissance de Luz, la deuxième l'année 1983 lorsque Miriam tente de contacter Luz et enfin la dernière les années 1995 à 1998 l'aboutissement de la quête de Luz. L'histoire évolue comme dans un roman policier, d'indice en indice. On passe d'un protagoniste à l'autre tout en gardant la trame initiale des retrouvailles de Luz et de son vrai père Carlos. L'écriture est très agréable, simple, proche du langage parlé mais sans lourdeur aucune. Une fois embarqué dans l'histoire de Luz on ne peut plus en sortir... Je n'avais qu'une envie en terminant ce livre c'est d'en apprendre plus sur cette période noire de l'histoire de l'Argentine...
Un livre poignant plein d'émotions et de douleur mais merveilleusement optimiste. A lire absolument.

Ma note:
10/10.

A noter:
Les avis enthousiastes de Flo et d'Agapanthe.
Le site de l'auteur.
Pour en savoir un peu plus sur l'histoire de l'Argentine.

jeudi 7 juin 2007

La montagne de Jade

Un livre de Xiaomin Giafferi-Huang
Paru en 2003.
Lu en juin 2007.

L'histoire:

A treize ans, Lin, collégienne à Pékin, doit suivre ses parents envoyés en rééducation à la campagne, dans une jolie région appelée montagne de Jade. Dans le pensionnat où sont rassemblés les enfants, elle découvre les dortoirs, la nourriture frugale, les travaux des champs, la rudesse des conditions d'étude... Xiaomin Giafferri-Huang raconte ses deux ans d'expérience paysanne en retrouvant merveilleusement le langage des adolescents.

Mon avis:
Encore un livre sur l'histoire des Chinois à l'époque de la Révolution culturelle. On découvre la jeune pékinoise Lin qui a l'âge de treize ans est envoyée en rééducation à la campagne dans un petit village de la Montagne de Jade. Elle est séparée de ses parents qui sont envoyés dans un centre de rééducation pour cadre un peu plus loin. On la voit évoluer dans son dortoir avec les autres jeunes filles de son âge, dans les champs de blé durant les dures moissons, pieds nus dans les rizières, sur les bancs de l'école socialiste,... L'endroit semble pourtant très joli: des montagnes, des lacs, des villages,... Mais on est effaré par tous les travaux qui sont demandés à ses enfants, des plus jeunes aux adolescents (les plus vieux ont 22 ans), mais aussi par les conditions de vie qui semblent terribles: la nourriture à l'air infecte, le manque d'hygiène et les conditions de logement. Et pourtant Lin s'y habitue, elle prend la vie comme elle vient...
Progressivement, l'endoctrinement marche sur ces camarades, elle même se pose pas mal de questions. Mais c'est les deux derniers chapitres du livre qui m'ont le plus marqués. Les jeunes gens que cotoient Lin sont dans leur dernière année d'études, une année difficile où le directeur de l'école mise sur leur obtention du diplôme pour faire augmenter les revenus de l'école, ils sont alors dispensés de travaux dans les champs. Tous les élèves attendent avec impatience leur affectation, ils espèrent tous pouvoir quitter la campagne une fois leur diplôme obtenu certains rêvent d'un poste de fonctionnaire du parti dans une petite ville, d'autres espèrent être enrôlé dans l'armée... Mais tout ne se passera pas vraiment comme prévu... les dénonciations, les sacrifices marqueront encore un peu plus ses enfants.
Un livre poignant qui ne tombe pas dans le sentimentalisme.

Ma note:
8/10.

A noter: L'avis de Lucie Matri.

jeudi 17 mai 2007

Quand l'empereur était un dieu

Un roman de Julie Otsuka.
Paru en 2004.
Lu en mai 2007.

L'histoire:

Le sujet déjà ne laisse pas de surprendre (oublieux ou mal informés que nous sommes) : les camps de concentration aménagés - en toute discrétion - pendant la seconde guerre mondiale sur le territoire américain… à l'usage des citoyens d'origine japonaise.
Julie Otsuka a choisi la fiction, mais avoue volontiers que l'histoire qu'elle raconte évoque de très près celle de ses grands-parents, paisibles Californiens qui n'avaient aucune raison de cacher leur ascendance japonaise, arrêtés et déportés par le F.B.I. en décembre 1941, au lendemain de l'attaque de Pearl Harbour, et qui furent maintenus derrière les barbelés, dans des conditions inimaginables, jusqu'à l'été de 1945. Rien que pour ce qu'il raconte, et que l'on sait si peu, le livre de Julie Otsuka vaudrait d'être lu. Mais le miracle est ailleurs. Le miracle, c'est qu'il nous rend témoins de cette histoire en usant de mots qu'on n'attend pas, dans un style si nu, glacé presque, si violemment débarrassé de toute émotion, de toute protestation, que le peu qu'il livre est insoutenable. Insoutenable de sérénité, on voudrait dire de poésie si le mot n'avait l'air ici à ce point incongru.

Mon avis:
Je suis encore sous le choc de ce roman. J'ai du mal à savoir ce que j'en pense vraiment parcequ'il m'a plu et dérangé à la fois. L'histoire est divisée en quatre chapitres: "Ordre d'évacuation n°19" qui retrace la perception de l'ordre d'évacuation des japonais par cette petite famille: une mère, un père déja déporté depuis quelques semaines, une fille et un jeune garçon, puis "le convoi" qui nous emmène dans le train qui roule vers un camp dans le désert de l'Utah, suivit de "quand l'empereur était un dieu" qui décrit leur vie dans ce camp et qui est de loin le chapitre le plus épais, puis "dans le jardin d'un inconnu" qui ramène la petite famille dans sa maison qu'elle a quitté depuis plus de quatre ans et enfin "aveux" le plus court des chapitres.
Ce qui m'a particulièrement plu, c'est l'histoire, la volonté de parler des camps de concentration en Amérique car oui, là bas aussi ils ont existés, la volonté d'éclairer les gens sur cette phase noire de l'histoire mondiale du côté américain. J'ai également apprécié le personnage du petit garçon qui semble le plus lucide de l'histoire, celui qui se pose le plus de question, celui qui doute, qui se sent coupable... mais aussi l'humanité des personnages qui malgré l'absence de sentiment craquent et deviennent quasiment fous les uns après les autres (la mère puis la fille). J'ai aimé la fin du roman, le retour à la maison tant attendu qui ne ressemble en rien à leurs rêves, le retour du père qui se fait tant attendre...
Ce qui m'a le plus dérangé - le quatrième de couverture m'avait prévenu mais je ne pensais pas que ce soit aussi perceptible - c'est l'écriture dénuée de tout sentiment de ce roman. On a l'impression que les personnages ne ressentent rien, qu'ils subissent en attendant, qu'ils ne souffrent pas des horreurs, qu'ils subissent et qu'ils vivent au jour le jour jusqu'au moment où ils deviennent presque fous... et j'ai trouvé cela limite insoutenable. Sans compter la poésie qui s'introduit dans certains passages qui devraient être horrible face aux évenements qu'ils retracent. Cette famille a tout perdu, elle n'a plus rien, l'auteur a même pris le parti de ne pas leur donner de noms pour renforcer cet aspect.
Le dernier chapitre retraçant les impressions du père, à la limite du violent - je trouve que les femmes sont représentées de manière beaucoup plus posées que les hommes même si elles semblent prêtes à craquer au moindre souffle - a ramené ces sentiments si absent du reste du livre. Mais là encore, c'est la poésie qui prime, il s'agit d'une simple énumération à la "presque Prévert"... Et pourtant cela suffit a me donner un peu de cette violence des sentiments que j'attendais.
Un livre extrèmement dur par son impassibilité face aux évenements qui s'y déroulent mais qui demeure un réel chef d'oeuvre...

Ma note:
9/10.

A noter:
Une interview très intéressante de Julie Otsuka sur Japonline.com lors de la sortie de ce premier roman en France.
L'avis de Tokyo.

mercredi 2 mai 2007

La splendeur d'Antonia

Un roman de Jean-Pierre Milovanoff.
Paru en 1996.
Lu en avril 2007 pour mon challenge ABC.

L'histoire:

" A dire vrai, pour décrire l'amour d'Antonia, il faudrait des mots qui n'auraient jamais été prononcés, une langue de coquelicot et de brise avec des silences soudain, des arrêts sur une lumière, les nuages qui filent là-bas par-dessus le Temple de Diane dans le ciel de ce mois de juin oublié, luisant comme une coquille hors de l'eau. Oui, d'abord les nuages, le vent, le ciel, le soleil, puis les cheveux rouges que l'on sait, puis le bruit des pas d'Antonia qui traverse la place aux Herbes, emportée par ses sensations. J'imagine que c'est le début de l'après-midi, l'heure chaude, pas encore le bon du jour. Pour courir à son rendez-vous, elle a mis une longue robe d'été avec un chapeau de taffetas vert ajusté sur son chignon. Où va-t-elle de ce pas vif ? " (Jean-Pierre Milovanoff)

Mon avis:
Antonia est l'arrière-grand-mère du narrateur. Sa fille, donc la grand-mère du narrateur, Pauline a quelques cent dix ans lors de la rédaction du livre. C'est elle qui raconte soir après soir à son petit-fils, l'histoire de sa mère Antonia d'après ces quelques souvenirs d'enfance. Son petit-fils en fait un roman plein de tendresse et d'amour.
Antonia a été une très belle jeune femme rousse. L'histoire retrace celle de ces amours entre biographie et fiction. L'auteur ne sait presque rien de cette arrière-grand-mère et pourtant il arrive à écrire sa courte mais tumultueuse exitence avec tendresse et humour . On découvre Nîmes au tournant du XXème siècle, un milieu bourgeois et austère de cette fin de XIXème siècle et la belle et passionnée Antonia.
Le narrateur est omniprésent tout au long de sa reconstruction de la vie d'Antonia et j'ai trouvé cela très plaisant. L'écriture est fluide, les touches d'humour nombreuses - j'ai notamment adoré sa définition du "bon à rien".
Un beau livre à lire au coin du feu en hiver ou dans un parc au soleil au printemps...

Ma note:
8,5/10.

A noter:
La splendeur d'Antonia a reçu le prix France Culture en 1997.

dimanche 22 avril 2007

Tsubaki

Un roman d'Aki Shimazaki.
Paru en 1999.
Lu en avril 2007.


L'histoire:

Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d'abord à Tokyo puis à Nagasaki. Elle reconstitue le puzzle d'une vie familiale marquée par les mensonges d'un père qui l'ont poussée à commettre un meurtre.
Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n'échappe à son destin.

Mon avis:
Tsubaki (qui signifie camélia en japonnais) est le premier tome de la série Le poids des secrets d'Aki Shimazaki. Je l'ai lu en moins d'une heure trente dans le TGV et j'ai adoré... J'ai de la chance en ce moment mais tous les romans que je commence sont géniaux!
Tsubaki est l'histoire de Yukiko, une mère et grand-mère qui meurent au début de l'histoire mais qui a laissé une lettre à sa fille révélant son histoire trouble qui va faire vaciller le quotidien de cette dernière. Tsubaki est l'histoire d'une famille japonnaise au coeur de la seconde guerre mondiale teintée de "crises" familiales.
L'auteur a le don d'épurer son écriture pour ne s'en tenir qu'à l'essentiel, elle nous tient en haleine durant tout le récit de ce drame familial. J'aime beaucoup ce genre d'écriture que l'on retrouve souvent dans les romans asiatiques. On cotoie également des pans de culture japonaise de l'époque de la seconde guerre dans ce petit roman et c'est particulièrement instructif et plaisant. C'est un récit émouvant et très prenant qui ne juge pas les actes de Yukiko, mais on se sent tenté de lui pardonner, on comprend son geste de désespoir... J'ai hâte de lire le tome 2!
Une magnifique tragédie familiale dans un contexte historique...

Ma note:
Encore un coup de coeur: 10/10.

A noter:
L'avis de Jules, de Papillon, de Laure, de Lhisbei et de Frisette.

vendredi 13 avril 2007

Le parfum, l'histoire d'un meurtrier

Un film de Tom Tykwer.
Avec Ben Whishaw, Dustin Hoffman et Alan Rickman
Sortie en octobre 2006.
Vu en avril 2007.
Indication lors de sa sortie en salle: des images ou des idées peuvent choquer.

L'histoire:

Jean-Baptiste Grenouille naît en 1744. Enfant solitaire, malade, il devient un jeune homme à part grâce à un don unique : son odorat. Grenouille n'a pas d'autre passion que celle des odeurs, et chaque seconde de sa vie est guidée par ce sens surdéveloppé. Survivant misérablement, il parvient à se faire embaucher comme apprenti chez les maîtres parfumeurs de la capitale. Il découvre alors les techniques et les secrets de la fabrication des parfums. Son don lui permet de composer quelques chefs-d'oeuvre olfactifs, mais son but ultime devient rapidement la mise au point de la fragrance idéale, celle qui lui permettrait de séduire instantanément tous ceux qui croiseraient son sillage. Dans sa recherche d'ingrédients, Grenouille est irrésistiblement attiré par le parfum naturel des jeunes filles. Il va aller jusqu'à en tuer beaucoup pour leur voler leur odeur...

Mon avis:
J'ai lu le livre de Süskind en Alllemand, il y a quelques années et j'avais beaucoup apprécié. L'univers des odeurs y était tellement bien décrit qu'on avait vraiment l'impression de sentir ce que l'auteur nous décrit. j'ai été intrigué par le film, me demandant comment un réalisateur allait donné cette impression que le film sentait... Et finalement, je n'ai pas été déçue. Le film retrace vraiment bien ses odeurs, à travers des images et des bruits. Le réalisateur a fait un véritable travail pictural. Ben Whishaw est tout à ait crédible dans son rôle... Quelques longueurs tout de même, même si on ne s'ennuie jamais.
Un film à recommander pour ceux qui aime les films historico-policier. Moi, j'ai adoré...

Ma note:
9/10

mardi 10 avril 2007

Vidocq

Un film de Pitof.
Avec Gérard Depardieu, Guillaume Canet et André Dussolier.
Sortie en 2001.
Vu plusieurs fois depuis sa sortie en salle.

L'histoire:

A Paris, à l'aube de la Révolution de juillet 1830, Etienne Boisset, jeune journaliste et biographe autoproclamé d'Eugène-François Vidocq, débarque de son village de province pour démasquer l'assassin de son maître à penser et reprendre sa dernière enquête laissée inachevée. En cours de route, il fait la rencontre de tous ceux qui avaient côtoyé de près ou de loin Vidocq : Preah, une courtisane manipulatrice ; Nimier, détective et ami du défunt ; et Lautrennes, officier de police flanqué de deux gardes du corps jumeaux.
De bordel en fumerie d'opium, de sombres ruelles en cabinet secret, Etienne Boisset va découvrir un monde d'une fantastique décadence.

Mon avis:
Un film tout à fait surprenant. Une manière de filmé qui donne le tourni. Une esthétique très méticuleuse. Ce film cumule les genres: un film d'action avec des personnages issus du XIXème siècle, un film policier, un film historique et un thriller fantastique. Alors que d'habitude, le fantastique ne me plaît que très peu, dans ce film j'ai adoré. L'atmospèhre pesante contribue à créé une impression de décadence générale de la société de l'époque.
Un film noir mais Ô combien surprenant! A voir et à revoir.

Ma note:
8,5/10.

samedi 7 avril 2007

Le commandant d'Auschwitz parle

Une atobiographie de Rudolf Hoess.
Paru en 1995.
Lu en 2005.

Présentation:

Dans sa première édition, en 1959, le Comité international d'Auschwitz présentait ainsi ce livre: "Rudolf Hoess a été pendu à Auschwitz en exécution du jugement du 4 avril 1947". C'est au cours de sa détention à la prison de Cracovie, et dans l'attente du procès, que l'ancien commandant du camp d'Auschwitz a rédigé cette autobiographie sur le conseil de ses avocats et des personnalités polonaises chargées de l'enquête sur les crimes de guerre nazis en Pologne. [...] "Conçu dans un but de justification personnelle, mais avec le souci d'atténuer la responsabilité de son auteur en colorant le mieux possible son comportement, celui de ses égaux et des grands chefs SS, ce document projette une lumière accablante sur la genèse et l'évolution de la "Solution finale" et du système concentrationnaire. Ce "compte rendu sincère" représente l'un des actes d'accusation les plus écrasants qu'il nous ait été donné de connaître contre le régime dont se réclame l'accusé, et au nom duquel il a sacrifié, comme ses pairs et supérieurs, des millions d'êtres humains en abdiquant sa propre humanité. "
La préface de Geneviève Decrop (auteur de l'ouvrage Des camps au génocide : la politique de l'impensable, PUG, 1995) replace en perspective ce texte fondamental. Et dans la post-face inédite à cette édition de poche, elle montre en quoi les avancées récentes de l'historiographie de la Shoah renouvellent la portée de sa lecture.

Mon avis:
Une autobiographie terrifiante d'horreur. L'auteur cherche avant tout à se dégager de la responsabilité du masacre, mais en réalité sans le remarquer il se dévoile sous un jour tout à fait terrible. Il nous parle de son enfance, de sa femme et de ses enfants. Mais bientôt on est placé au coeur même du fonctionnement des camps de concentration puis d'extermination, de leur administration. On a l'impression de lire l'histoire d'une vaste industrie et s'en est d'autant plus terrifiant. L'écriture est simple et crue.
La préface et la postface de Geneviève Decrop de cette édition présente une bonne approche des avancées récentes de la recherche sur la question.
Un livre édifiant sur le sujet, mais qui fait vraiment peur, qui révèle ce que l'homme a de pire en lui.

Ma note:
Pour une fois, je ne donnerai pas de note à ce livre: que juger? l'horreur? l'écriture? l'auteur? Bref, je m'abstiens.

samedi 17 mars 2007

Balzac et la petite tailleuse chinoise

Un livre de Dai Sijie.
Paru en 2002.
Lu il y a quelques années.


L'histoire:

Dans la Chine de Mao, savoir lire, c'est déjà faire partie des intellectuels. Et on ne badine pas avec les intellectuels : on les envoie se rééduquer dans les campagnes, travailler dans des rizières ou dans des mines. C'est ce qui est arrivé au narrateur et à son ami Luo, si jeunes et déjà marqués du sceau infamant d'"ennemis du peuple". Pour ne pas sombrer, ils ont heureusement encore quelques histoires, quelques films à se raconter, mais cela fait bien peu. Jusqu'à ce que, par miracle, ils tombent sur un roman de Balzac : petit livre à lire en cachette, tellement dangereux, mais tellement magique, qui changera le cours de leur vie en leur ouvrant la porte de la fille du tailleur, en rendant possible ce qui ne l'aurait jamais été...

Mon avis:
Un livre tout à fait magnifique qui m'a beaucoup marqué lorsque je l'ai lu il y a quelques années. Des paysages splendides. Un univers sombre mais où plane l'amour vécut par procuration. Amour pour la musique à tarvers un violon qui joue "Mozart pense à Mao", amour pour la lecture à travers Balzac et amour de deux jeunes hommes pour la petite tailleuse chinoise. Un livre dont on ne sort pas indemne.
Un livre que je conseille à tous et que je relirai très certainement un jour avec un très grand plaisir.

Ma note:
10/10.

A noter:
Un film a été tiré du livre. Un très beau film que je vous recommande et qui retrace magnifiquement bien le livre. Je vous conseil tout de même de voir la version sous-titrée en français et non pas la version française, je trouve que les voix des personnages ne collent pas du tout avec les personnages et l'époque.

lundi 26 février 2007

La jeune fille à la perle

Un film de Peter Webber.
Avec Scarlett Johansson et Colin Firth.
Sortie en mars 2004.
Vu en février 2007.

L'histoire:

Delft, XVIIe siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Elle s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de leurs prérogatives.
Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille vont émouvoir le maître qui l'introduit dans son univers. A mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville.

Mon avis:
Un très beau film à la hauteur de l'oeuvre de Tracy Chevalier. Le ton est juste, les non-dits en font un film mené tout en finesse, plein de grâce. On y trouve une peinture plutôt minutieuse de la vie quotidienne du XVIIème siècle hollandais. On a souvent l'impression d'être directement plongé dans des oeuvres picturales de l'époque.
Une magnifique fiction historique.

Ma note:
9/10.

jeudi 8 février 2007

Molière


Un film de Laurent Tirard.
Avec Romain Duris, Fabrice Luchini, Laura Morante.
Sortie en février 2007.
Vu le même mois pour le challenge ABC 2007 du cinéma .


L'histoire:
En 1644, Molière n'a encore que vingt-deux ans. Criblé de dettes et poursuivi par les huissiers, il s'entête à monter sur scène des tragédies dans lesquelles il est indéniablement mauvais. Et puis un jour, après avoir été emprisonné par des créanciers impatients, il disparaît...

Mon avis:
Un Molière traité d'une manière tout à fait original. N'y allez pas pour y voir traiter la vie du grand Jean-Baptiste Poquelin. C'est dans l'univers de Molière que l'on entre tout entier. Laurent Tirard traite à travers ce Molière une des ses oeuvres le Tartuffe. Il y invente l'histoire qui aurait bien pu arriver à notre Molière en exploitant un "trou" de quelques semaines dans la bioghraphie de celui-ci. Beaucoup d'humour, de jeux de mots, des dialogues pétillants: la langue de Molière y est exquise. De très bons acteurs Romain Duris (Molière), Fabrice Luchini (Monsieur Jourdain) et Laura Morante (Madame Jourdain) et beaucoup de rebondissements, dignes des oeuvres de Jean Baptiste Poquelin.
Une petit critique tout de même, on ne retrouve pas toutes les facettes des oeuvres de Molière dans le film, beaucoup d'aspects sont laissés de côté mais le film reste une très bonne fiction.
Un pur régal.

Ma note:
8/ 10.

mercredi 31 janvier 2007

Jacquou le Croquant

Un film de Laurent Boutonnat adapté du roman d'Eugène Le Roy.
Avec Léo Legrand et Gaspar Ulliel .
Sortie en janvier 2007.
Vu le même mois.

L'histoire:
1815. Jacquou, jeune paysan du Périgord, vit heureux avec ses parents. Mais par la faute d'un noble cruel et arrogant, le comte de Nansac, il perd son père et sa mère en meurt de chagrin. Il erre seul et jure de se venger. Jacquou grandit finalement et s'épanouit sous la protection du curé Bonal qui l'a recueilli. Grâce à des amis sûrs et à Lina, une jeune fille patiente et lumineuse, il devient en quelques années un jeune homme déterminé et séduisant.Il sait finalement transformer son désir de vengeance en un combat contre l'injustice et prouver qu'un simple croquant n'est pas dénué de grandeur.

Mon avis:
Un très beau film français avec de magnifiques paysages, des personnages attachants et des acteurs prometteurs - notamment le jeune Léo Legrand. Beaucoup d'émotions, certaines scènes du film réussissent vraiment à nous transporter dans un autre monde, ce XIXème siècle des petites gens si rudement décrit par l'auteur. Le sort de Jacquou nous émet. On s'attache à son destin et finalement jusqu'à la dernière minute on doute de son avenir: va-t-il vivre ou mourir?
Seul bémol peut être, quelques longueurs dans la première moitié du film.
Un film à voir en famille.

Ma note:
8/10